La cohabitation : une alternative immobilière, économique et sociale ?

 » On rentre chez soi, dans ce lieu propre qui, par définition, ne saurait être le lieu d’autrui « 

Michel de Certeau

En première approche, la cohabitation se définirait par une mutualisation d’un espace de vie. Elle se caractérise donc par un partage physique d’une entité immobilière entre plusieurs individus. La structure familiale est l’exemple dit traditionnel de cohabitation, où les différents membres d’une famille vivent ensemble sous un même toit. D’autres organisations sociales se déclinent avec des structures différentes comme la copropriété, où la propriété même d’un bâtiment est segmentée selon le nombre de propriétaires, ou bien la colocation, où la location d’un appartement/maison est partagée par plusieurs individus.

Dans tous les cas, la cohabitation met en tension les sphères d’intimité de chacun, les confronte, les transforme, les mélange. Elle engendre en parallèle la création d’une sphère privée commune à petite échelle. Comment évolue alors notre rapport à l’autre ? Vers une symbiose, sous forme de consensus ou par confrontations ? Et quelles seraient alors nos motivations pour adopter un tel mode de vie ?

En somme, nous pouvons nous demander si les phénomènes actuels de cohabitation relèvent seulement de nécessités pratiques vis à vis de pressions immobilières et économiques ou aussi de désirs émergents de sociabilisation et de recherche d’un nouveau mode de vie ?

Tout d’abord, si ce phénomène social est de plus en plus répandu dans notre société actuelle, il ne faut pas le limiter comme un fait uniquement contemporain. En effet, en considérant l’habitat avant l’arrivée des appartements bon marché, beaucoup de familles vivaient tous ensemble (dimension intergénérationelle) dans un seul espace ou même pouvaient être contraintes de vivre à plusieurs familles dans une seule maison. Le partage de l’espace de vie était alors surtout une question de survie, l’obligation de s’allier pour avoir un toit pour se loger, et des denrées pour subsister. Comment définir alors le comportement actuel de mutualisation des espaces de vie ? La question de survie n’est peut être plus la seule en jeu.

Est ce un mode de vie qui s’inscrit seulement comme une alternative à l’individualisme développée et engendrée par le fonctionnement de notre société ou bien traduit il aussi les prémisses d’une nouvelle manière de vivre ? Du communautarisme à petite échelle qui tente de répondre directement aux problèmes individuels, sans passer par un pouvoir décisionnel global.

« Voici les éléments de tout être et de tout fait social, inséparable dans la réalité : d’une part, un intérêt, un but, ou un motif, d’autre part une forme, un mode de l’action réciproque entre les individus, par lequel, ou sous la forme duquel ce contenu accède à la réalité sociale.»

Georg Simmel


Image

Exemple de cohabitation au sein de la structure familiale, dans un logement parisien en 1939.

Adrien Marty / Vincent Trescartes / Paul Berthelot

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