« Ainsi squattent-ils »

Qu’entend-t-on par le terme squat ?

Etymologiquement, un squat dérive du verbe anglais « to squat » qui, aux Etats-Unis à la fin du XVIIIème siècle, signifiait à la fois « s’accroupir, se blottir » et le fait de s’installer sur une terre inexploitée de l’Ouest du pays sans titre légal. Définition explicitée par Cécile PECHU dans son livre « Les squats ». Une définition plus récente proposée par Florence Bouillon présente désormais le « squat » comme « le fait d’habiter sans contrat un local vacant » ou encore comme l’ « action d’occupation illégale d’un local en vue de son habitation ou de son utilisation collective ».

Florence Bouillon ajoute à sa définition générale du terme « squat » un ensemble de critères différentiels à propos de l’occupation d’un lieu : l’inscription sociale des habitants du squat, le type de lieu occupé, sa situation dans la ville, le rapport entretenu avec les autorités et le caractère plus ou moins fortement politisé…

L’occupation illégale : une réponse au manque d’espace ?

L’étude des squat révèle c’est que le manque de logements et le manque d’espace en générale qui poussent les squatters à occuper sans droit ni titre.

« la France connaît un fort problème de logement », « nous sommes confrontés à la problématique du mal logement » la fondation Abée Pierre publie que « 3,5 millions de personnes sont non ou très mal logées » ou « en situation de réelle fragilité à court ou moyen terme », « A paris, 122 667 logements sont considérés comme vacants par l’Insee en 2006 », « les artistes parisiens ne peuvent pas disposer d’ateliers et d’espaces d’exposition face à une pénurie d’ateliers »

On distingue les squats qui répondent à des objectifs politiques, centrés sur le logement et les squats développant avant tout des projets artistiques et culturels alternatifs. Cécile Péchu utilise les termes de squats « classistes » et les squats « contre-culturels ».

Le squat de logement « consiste à utiliser le squat dans une optique essentiellement tournée vers l’obtention du droit au logement » (C.PECHU, « Le squat »). Le but est de remédier aux inégalités d’accès au logement, fournir un domicile rapide aux personnes en difficultés (ouvriers, immigrés, sans-papiers, chômeurs, jeunes…)

Le squat d’artiste se distingue du précédent par ses motivations. Le squat est centré sur une animation culturelle et artistique, il traduit l’envie d’avoir un espace pour vivre ou créer autrement

Que ce soit à des fins artistiques ou d’habitation, l’acte premier reste le même : occuper. L’occupation permet de dénoncer, construire, aider. Une démarche commune mais des objectifs différents.

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Pour aller plus loin, deux références bibliographiques vous sont proposées :

BOUILLON, F., Le squat, problème social ou lieu d’émancipation ? Conférence-débat de l’association Emmaüs

PECHU, C., Squats et squatters

Nous verrons la prochaine fois quels sont les enjeux urbains, et comment l’action publique réagit face à l’occupation des villes ! 

 

Quentin Bellancourt, Eda Doyduk, Alec Surat, Jérémy Toumine

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