La différence à travers le pluralisme

Une approche du pluralisme :

« Avant de finir de construire la clôture on devrait savoir de quel côté on est. »

Les humains sont attirés par deux forces opposées. D’un côté l’affirmation de l’individualité et de l’autre une pulsion à faire partie d’une masse. Les forces affectives qui entrent en jeu dans la création des identités collectives sont toujours présentes, elles font partie des individus, alors que les relations viennent du consensus. Le pluralisme est lié à l’acceptation du conflit car « nous » implique l’existence d’un « eux ». Pourtant cela conduit à un antagonisme inévitable entre « nous » et « eux ».

Il existe deux pensées du pluralisme, c’est-à-dire la reconnaissance de différents systèmes comme constitutive de la réalité. D’un côté le pluralisme libéral, selon Rawls et Habermas il y a une multiplicité de valeurs et la politique (ou la façon d’agir dans un système qui est géré par cette conception) a à voir avec la capacité de se mettre dans la peau des autres, à essayer de comprendre tous les points de vue et créer l’harmonie entre les valeurs, dans un espace dit de conjonction. C’est-à-dire obtenir la démocratie à travers un consensus rationnel.

Cette approche du pluralisme au travers de la raison pourrait être qualifiée plus scientifiquement, inversement le pluralisme de Max Weber et Nietzsche, qu’on pourrait appeler pluralisme politique, détermine que l’espace de conjonction atteint avec le consensus rationnel est trop petit pour la coexistence de « nous » et « eux » et c’est alors que la disjonction conduit à une différence qui se matérialise sous la forme d’une inégalité. Pour Weber et Nietzsche, il existe plutôt un polythéisme des valeurs de sorte que le pluralisme implique un conflit.

Mais alors comment peut exister la démocratie pluraliste dans une situation de conflit antagoniste où il n’y a pas de place pour la réconciliation rationnelle?

Pour Chantal Mouffe la tâche démocratique n’est pas de nier le conflit mais de l’apprivoiser. Pour cela, elle propose de transformer l’antagonisme en agonisme permettant d’aboutir à une relation « nous/eux » où l’opposant n’est pas perçu comme un ennemi mais comme un adversaire qui partage un espace symbolique commun.

Pour comprendre le sujet agonistique la première exigence est d’abandonner l’idée qu’il existe une vérité et que nous la possédons. Il faut accepter que la démocratie soit prête à changer l’opinion, ce qui conduit à reconnaître la légitimité des opposants. La partie difficile est de reconnaître les limites de ses propres idées et à la fois trouver l’enthousiasme qui fait que chaque individu est prêt à se battre pour l’autre pour empêcher que le relativisme conduise à l’apathie.

Cette idée de la démocratie contraste fortement avec la situation actuelle du 3rd way qui comprend la politique comme une compétition entre les élites qui rivalisent pour les lieux de pouvoir. Par exemple, vous vous présentez, vous gagnez les élections et occupez le poste, puis vient un autre. Cette alternance et non alternative ne répond pas de façon satisfaisante aux besoins de l’identité collective. Ainsi cette alternance a tendance à attirer des réponses fondamentalistes.

Aurore Guiset, Pablo Salinas, Nika Urbic.

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