La genèse des quartiers d’habitat spontané

Ils sont des milliers de squatteurs partout dans le monde avec des motifs bien différents: squat par nécessité, squat politique, squat alternatif … Contestataires, libertaires, anarcho-libertaires, sans-papiers, anarchistes, clandestins, demandeurs d’asile  …

1. Squatter :  n. m. (1835 ; mot anglo-américain « s’accroupir, se blottir ») 
1° Aux Etats-Unis, pionnier qui s’installait sur une terre inexploitée de l’Ouest, sans titre légal de propriété et sans payer de redevance. 
2° (1948) Personne sans logement qui s’installe illégalement dans un local inoccupé. 
2. Squatter : v. (1969 ; Occuper illégalement (une habitation vide)  On dit aussi squattériser)

À partir du XVIIe siècle, le terme squat apparaît pour désigner les occupations illicites de terres par des paysans anglais, les Diggers (fraction chrétienne de la première révolution anglaise). Le 1er avril 1649, aux alentours de Londres, a lieu la première occupation connue, menée par Gerrard Winstanley. Il s’agit du plus ancien collectif de squatteurs connu à ce jour.

En France, le squat naît à Paris en 1912 avec l’anarchiste moustachu Georges Cochon (ouvrier tapissier, fondateur de l’Union syndicale des locataires). Il luttait vigoureusement contre les proprios « vautours ». La presse et les chansonniers (Charles d’Avray,Montéhus…) popularisaient les actions de ces militants inventeurs du déménagement « à la cloche de bois » qui, alors, se pratiquait en fanfare. Occupations d’hôtels particuliers, installations de maisons préfabriquées dans les lieux les plus insolites (Tuileries, Chambre des députés, casernes, Préfecture…).

Le squat peut héberger une personne seule comme plusieurs dizaines, dans un petit appartement du centre-ville comme dans une friche industrielle de banlieue. Les conditions d’habitat y sont très variées, de l’insalubrité totale à un confort comparable à celui d’un logement moyen. Les habitants des squats sont aussi divers que leurs motivations : jeunes fugueurs, migrants africains ou est-européens, artistes sans atelier, nomades, gens du voyage…

Les squats sont très différents d’un pays à un autre : les peuples, les motivations et le climat définissent les squats.

 Au Brésil, les communautés squatteuses sont appelés favelas : comme Rocinha à Rio de Janeiro, estimé à loger 500 000 personnes. En raison de la pauvreté, ces maisons n’ont aucun confort, sont très utilisées par les enfants de la rue et ne sont pas maintenues propre. Il y a 25 millions de personnes qui vivent dans les favelas dans tout le Brésil. À São Paulo, la plus grande favela est l’Heliópolis et un squat appelé Prestes Maia s’est installé dans un immeuble de 22 étages.

Rio de Janeiro - Brésil

Rio de Janeiro – Brésil

 Dans les pays d’Amérique latine, cas du Venezuela, l’occupation de maison est fréquente en tant que phénomène, mais pas en tant que mouvement ou organisation. Les okupas sont connues comme l’invasion et l’occupation des propriétés privés abandonnées avec la finalité de protester pour sa situation de logement. Généralement les squats aux Venezuela sont concentrés en familles qui vivent des circonstances extêmes de pauvreté. Ils squattent autant de maisons abandonnées que de terrains sans propriétaire, s’y construisent des maisons avec les matériaux trouvés dans la rue.

Voilà deux exemples parmi tant d’autres !

En Asie, en Europe, dans le Pacifique… Les squats varient selon les cultures, les populations, les espaces.

Berlin - Allemagne

Berlin – Allemagne

Barcelone - Espagne

Barcelone – Espagne

Bukit Duri - Indonésie

Bukit Duri – Indonésie

Faa'a - Tahiti

Faa’a – Tahiti

Suite : Les Squats peuvent-ils être une promotion urbaine ?

Il sera question du mécanisme de formation des Squats, car tous ne représentent pas l’aboutissement misérable d’un exode rural. Les cas de Suva et de Nouméa comptent parmi des espaces vécues dont l’aménagement est en finalité plus confortable que l’espace de vie offert par la ville.

Rares sont parmi eux [les occupant des Barriadas de Lima] les immigrants de fraîche date ; au contraire, la plupart ont déjà une expérience  urbaine parfois longue, et ont tous fait l’expérience de la difficulté de se loger dans les autres secteurs de la ville. « 

DELER Jean-Paul, Genèse de l’espace équatorien. Essai sur le territoire et la formation de l’État national – 1974, p.93

Christopher BARRI – Rémi PREUD’HOMME

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