Retour à la rue

« Pour qui construit-on des villes ? Est-ce pour des hommes, est-ce pour des groupes humains, est-ce pour des sociétés animales ? A qui s’adresse-t-on ? Il ne faut pas construire des villes et voir ensuite quels hommes on mettra dedans, mais voir quels hommes existeront et quelle ville il faut construire pour eux. Ceci paraît une évidence ; cependant, dans beaucoup de circonstances, nous constatons que cette évidence est oubliée. » 

Paul-Henry Chombart de Lauwe

Le paradigme de la ville moderne (des années 50) est qu’elle a refusé la rue dans un souci de fonctionnalisme et de rationalisation de la densité de l’habitat – on peut citer Le Corbusier comme figure de proue de cet urbanisme, notamment lors du CIAM de 1950 : « La rue n’est pas hygiénique. Il faut la peindre en blanc, la passer au lait de chaux, éviter les corridors. […] Une ville doit en remplacer une autre. ».

Ce retour à la rue n’est pas seulement un mouvement urbanistique et architectural, il s’appuie également sur la revalorisation de l’habitat et des modes de vie populaires. Cette revalorisation est nourrie des observations de la sociologie urbaine d’après-guerre ayant observé que les quartiers ouvriers qu’on rasait sans scrupule étaient des lieux de fortes solidarités, comme l’affirment Jean-Charles Chamboredon et Madeleine Lemaire (sociologues) dans leur article Proximité spatiale et distance sociale en 1970 : l’homogénéité sociale des quartiers ouvriers organisés autour de rues populaires provoquait des solidarités communautaires positives pour la socialisation et la survie face aux difficultés.

La rue dite « classique » est le support d’une mixité fonctionnelle (commerces, bureaux) qui est considérée comme le fondement de la vie de quartier. On peut citer Jan Gehl, éminent urbaniste spécialiste en anthropologie, à l’origine de la piétonnisation de Broadway (New York,

2007), qui affirme qu’en zone urbaine dense, une activité en appelle une autre tandis que dans les espaces uniquement résidentiels « Nothing happens because nothing happens« .

Par les villageoises : Alices Jaupitre et Villatte, Jeanne de La Blanchardière, Estelle Jakubowski, Manon Bertoïa

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