Le nombrilisme de Mon propre espace de vie

LA RUE, ENTRE UTOPIES ET RÉALITÉS SOCIALES

La rue est au cœur de nombreuses utopies. En tant qu’espace public, dans l’imaginaire collectif, elle rassemble ; ses usagers y échangent et partagent. Ils vivent les uns avec les différences des autres.

Toutefois, la réalité est bien loin du fantasme collectif, et la caractéristique de chaque rue dépend de l’ambiance qu’elle aménage, du quartier dans lequel elle se situe, des différentes populations qui y vivent. D’une rue à l’autre, l’atmosphère peut être radicalement différente. De quartier en quartier, les habitants s’identifient à leur rue qu’ils appréhendent, faisant de ce lieu davantage une prolongation de son logement plutôt qu’un espace communautaire. Ce lieu de vie devient commun, quotidien, invisible. Malgré tout, l’usager s’y identifie et devient une partie de la foule de cette rue. L’appropriation de chaque rue par ses habitants leur attache une identité. Cette dernière tend à démarquer les quartiers les uns des autres et leur affuble une étiquette chargée de clichés.

 Moi je vis ici, Toi tu viens d’ailleurs ; d’ailleurs tu viens d’où ? Non j’viendrai pas ce soir, c’est trop loin, c’est trop moche, c’est trop calme, c’est trop riche, c’est trop populaire, c’est trop différent, bref, c’est trop pas chez moi !!!

Aujourd’hui Paris est morcelé par ses différentes classes sociales. Dans l’16e t’es bourgeois, dans l’13e t’es chinois, dans l’18e t’es renoi, dans l’1er t’es bobo et en banlieue t’es prolo.
Les idées reçues s’arrêtent. Dans la rue t’es censé apprendre sur les autres, comprendre leurs différences et comment ils vivent, eux.

Cette représentation mentale de la rue comme un espace de condensation sociale aurait plusieurs racines. Par exemple dans le mouvement post-moderne des Team 10. Leur vision de la rue tranche radicalement avec les idéologies corbuséennes, qui prônent la rue uniquement comme un espace de déplacement. Les Team 10 insistent sur le fait qu’il est important que le caractère communautaire et partageable de la rue existe et perdure. Cette vision de la rue est notamment perceptible dans les projets d’aires de jeux pour enfants d’Aldo Van Eyck. Il les aménage dans des friches urbaines qui deviennent des excroissances de la rue ; lui redonnant vie. Elle reprend son caractère communautaire en rassemblant plusieurs générations.

Pourtant, au quotidien, la rue est souvent davantage un espace d’expression individualiste (bousculade, regard droit, MP3 sur les oreilles) que celui de l’altruisme. À Paris, la réalité est donc souvent bien éloignée de la pensée de Van Eyck ; les gens se croisent plus qu’ils ne « vivent ensemble ».
Il y a donc une différence entre l’utopie de la rue comme lieu de compréhension des autres et la réalité. Certains des articles suivant sont des tableaux de la manière dont la rue parisienne est ressentie par ses habitants. Quand certains dessinent la rue partagée, celle qui vit, d’autres peignent la triste réalité des parisiens qui se croisent sans se voir. Certains exposent des outils tendant à controverser l’usage commun et actuel de la rue parisienne.

Jean Aubert, Guillaume Clément, Pauline Grolleron, Lorène Sommé

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