SUBURBIA_ville de demain

Dans cet essai philosophique, Bruce Bégout tente de qualifier cet espace interstitiel entre ville et campagne que l’on nomme la suburbia. Cette croissance périphérique des villes, aujourd’hui soumise à de nombreux pré-jugés et incomprise, n’en serait pas moins la ville de demain…

La ville serait donc un tout comprenant un centre historique et sa suburb’. Bruce Bégout distingue, et même oppose, ces deux entités. Le centre historique, autrefois lieu de flâneries comme le décrit Walter Benjamin dans son livre PARIS CAPITALE DU XIXe SIECLE le livre des passages, devient de plus en plus figé, comme une vitrine du passé dans laquelle plus rien ne surprend. La périphérie, elle, est aujourd’hui le lieu de la dérive comme l’avait anticipé Guy Debord, où l’on se perd dans un espace atypique, conçu pour la voiture et non pour l’homme. «Un jour on construira des villes pour dériver.» Guy Debord

La voiture devient, d’après lui, l’élément qui dessine la suburbia. Comme l’architecture corbuséenne part des dimensions du corps humain, cette extension de la ville nait de la voie et de l’infrastructure. Elle ne prend aucunement en compte, au contraire des centres villes, la circulation piétonne. «De cette mobilité perpétuée, de nouvelles formes architecturales naissent, comme en leur temps les motels. (…)La circulation modèle l’habitation.» « L’ouverture de la ville apparait comme la conséquence de la main-mise de la voiture sur l’espace.» p. 342_348 SUBURBIA,  autour des villes, Bruce Bégout, éditions Incultes, 2013.

C’est égalment, aujourd’hui, un site en grande reconversion qui laisse en héritage les bâtiments issus de l’ère industrielle. C’est donc le progrès qui a généré la suburbia et les diverses formes urbaines hétérogènes et autonomes qui la caractérisent. Ce manque d’homogénéité, ces grands tracés ouverts et distendus ont eu pour effet de rendre la suburbia «impropre à la révolution (…)voilà pourquoi la suburbia ne connait que l’émeute» (p. 314). Ce qui semble expliquer que c’est un lieu que l’on craint, que l’on tente de détruire et d’étouffer, comme autrefois quand l’homme a voulu anéantir Paris.                                            «Les rêveries sur le déclin de Paris sont un symptôme du fait que la technique n’était pas acceptée. Elles traduisent la conscience obscure de ce que la croissance des grandes villes s’accompagne de celle des moyens qui permettent de les raser.» p. 122 (C7a, 4) PARIS CAPITALE DU XIXe SIECLE, le livre des passages, Walter Benjamin_Edition originale, Das Passagen-Werk, 1982.

Quoiqu’il en soit, aujourd’hui la suburbia est une réalité, encore presque inqualifiable car elle nous est                                  étrangère, mais qui pourtant influence déjà notre quotidien et notre mode de vie. «Etant donné que l’homme suburbain passe un temps assez long en voiture, il est amené à faire du trajet autre chose qu’un simple déplacement. Toute une vie se reconstitue à l’intérieur, notamment une vie sociale.» p. 355 SUBURBIA,  autour des villes, Bruce Bégout, éditions Incultes, 2013.

Si l’homme s’adapte alors à la suburbia, ne sera-t-elle pas, en effet, la ville du XXIè siècle?

Sans titre-1

Noémie MALLET_Muriel AUDOUIN_Emmanuelle PEUPIER_Darius CHAMBRIN

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s