Squat, phénomène de la gentrification ?

Dans la continuité de l’article précédent…

Les squatteurs participent-ils au phénomène de la gentrification ou sont-ils un moyen de lutte contre celle-ci ?

 

La gentrification (mot anglais de gentry, « petite noblesse »1) est un phénomène urbain par lequel des arrivants plus aisés s’approprient un espace initialement occupé par des habitants ou usagers moins favorisés, transformant ainsi le profil économique et social du quartier au profit exclusif d’une couche sociale supérieure.Ce néologisme est employé pour la première fois par la sociologue Ruth Glass dans son ouvrage London: aspects of change2, étudiant le phénomène à Londres dans les années 1960. Source wikipédia

La nuance est assez mince car, il est possible de constater qu’ à travers les relations qu’entretient un espace culturel alternatif avec la ville dans lequel il s’inscrit, il y a une certaine tension entre ce que ce type de lieu change pour le quartier mais également ce que ce même quartier « risque ». Cela apparaît plus clairement avec les squats artistiques : il est possible de penser que s’ils apportent, certes, beaucoup au quartier dans lequel ils sont, il faut toutefois être prudent à ne pas rendre le lieu trop élitiste en proposant des programmations toujours plus à la mode et en donnant un côté « culturel bourgeois ». De ce fait, le risque principal et le reproche parfois adressé aux squatteurs portent sur le fait que proposer un large panel d’activités et devenir en quelque sorte un centre de création, peut augmenter la valeur du quartier et donc entraîner une hausse des loyers, des prix des commerces alentours, etc. À cette critique, nombres de squatteurs rétorquent que, même s’ils sont conscients de cette frontière parfois floue, leur mission consiste bien au contraire à proposer du mouvement dans des quartiers souvent laissés vides par les banques et grandes entreprises.

Outre les objectifs plus « politiques » liés à la gentrification ou encore à la spéculation immobilière, l’objectif principal des squats dits « classistes » est de remédier aux inégalités d’accès au logement (renforcées par l’augmentation des prix du logement de plus de 150% entre 2000 et 2010) et fournir un domicile le plus rapidement possible aux personnes en difficultés. Celles-ci sont principalement des ouvriers, des immigrés, des sans-papiers, des chômeurs ou des jeunes, qui trouvent dans le squat un endroit ouvert dans lequel s’installer. Les dénonciations et les actions menées relèvent principalement de l’association DAL (Droit Au Logement), créée en 1990.Chaque action essaye de déclencher un mouvement social autour de la cause défendue, espérant ainsi rassembler de nombreuses personnalités, des associations et des organisations syndicales pour faire pression sur les autorités et progresser législativement.

Pour aller plus loin: 

HAYES, G., OLLITRAULT, S., La désobéissance civile, Presses de la fondation nationale des sciences politiques, Paris, 2012

 

Quentin Bellancourt, Eda Doyduk, Alec Surat, Jérémy Toumine

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