Dérive Suburbaine

Cette vidéo présente notre propre dérive suburbaine, notre « apprentissage de la rue » personnel.

A partir de notre point de départ (l’immeuble d’habitation d’Edouard François à Champigny) tiré au hasard, nous avons pris la voiture pour nous laisser aller dans la suburbia. Nous avons tout d’abord emprunté les axes principaux avec de nombreux ronds-points, pour nous amener petit à petit vers des zones plus intimes, des quartiers pavillonnaires, comme des lotissements. N’étant plus dans la même échelle après seulement un virage, nous avons choisi de sortir de la voiture pour continuer cette dérive à pied, comme les situationnistes dans la ville traditionnelle. Après quelques rues et une impasse où nous avons fait demi-tour, nous avons retrouvé la voiture pour ressortir de ce lotissement. Aucune hiérarchie n’est présente entre les rues qui le constituent et en sortir n’a pas été si simple. Ensuite nous avons réussi à rejoindre des voies plus importantes pour longer des zones que l’on pourrait qualifier de « bourgs » ou de « centres-ville ». Ces rues, souvent sinueuses à travers un tissu urbain dense et animé, offrent peu d’alternatives à un changement de routes. Sans trouver d’intérêt à emprunter soudainement une petite voie latérale, notre parcours s’est poursuivi en nous laisser guider jusqu’à une zone commerciale, symbole fort de la suburbia. Nous avons donc décidé de nous arrêter sur un parking et, comme tout bon citoyen de la suburbia, prendre un caddy pour faire ses courses. L’image du caddy constitue pour nous une mise en abime du principe de la voiture en suburbia. Enfin, nous sommes rentrés en voiture jusqu’à l’école en empruntant l’autoroute, autre particularité de la suburbia.

Ce travail met ainsi en évidence à quel point notre univers suburbain actuel est influencé par des données commerciales, économiques et publicitaires de par le paysage offert lorsque l’on parcourt la suburbia dans une voiture. Le grand nombre de « canards », d’espaces commerciaux destinés à être visible en voiture est impressionnant. De même que les quartiers pavillonnaires comme celui que nous avons parcouru à pied : ils sont constitués par un ensemble de propriétés autonomes et refermées sur elles-mêmes accessibles essentiellement par la voiture. Les voiries de desserte au sein du quartier pavillonnaire paraissent très larges par rapport au trafic auquel cette voie doit répondre. On perd la notion de collectivité, l’espace public n’est organisé que POUR et PAR la voiture, un fort sentiment d’individualisme prédomine. La rue, telle qu’on la pratique dans les villages-rues classiques, ne ressemble en rien à la rue pavillonnaire de la suburbia, ni même à la rue que l’on pratique en centre-ville dans la vidéo.

Surtout, ce travail n’est pas intéressant seulement par le diagnostic personnel que l’on en fait, mais également par la méthode de ce travail. Arpenter des univers sans destination précise a un grand intérêt, car cela permet de mieux percevoir les qualités et défauts de ces espaces, sans les rechercher. L’atmosphère d’un lieu est davantage perceptible avec cette pratique. C’est un véritable enseignement pour nous, étudiants en architecture, car c’est une méthode essentielle dans l’appréhension des espaces sur lesquels on peut être amené à intervenir.

Florian Arrivault, Vincent Blactot, Amaury Vaillant

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s