L’épistémologie ou la sociologie de la science – Regard critique n°2

Regard critique n°2

Le point de vue du scientifique : Maurice Wegnez, directeur du laboratoire « Développement et évolution » au CNRS.

Voir l’interview de Maurice Wergez : http://www2.cnrs.fr/journal/2953.htm

L’expertise de Maurice Wegnez nous permet de prendre connaissance de l’actualité du clonage, que ce soit sur les dernières avancées scientifiques ou sur l’évolution de la législation en France.

« Qu’il s’agisse d’un amphibien ou d’un mammifère, le principe est le même chez les animaux : intégrer le noyau d’une cellule somatique dans un ovule vidé de son contenu génétique. Chez les mammifères, il faut transplanter l’embryon « artificiel » ainsi constitué dans une femelle receveuse. Globalement, la proportion d’embryons implantés qui parviennent à se développer jusqu’à donner des êtres viables reste extrêmement faible : moins de 1 %. Le clonage des végétaux est plus facile à réaliser et pratiqué de longue date : bouturer une plante, c’est la cloner. » Cette explication furtive des méthodes de clonage nous informe sur la complexité qu’entraine un clonage animal, malgré la réussite célèbre de la brebis Dolly.

Toutes proportions gardées, le professeur tire trois avantages possibles dans les avancées du clonage.

« Cloner des animaux sélectionnés pour leurs performances permettrait de produire des individus aux performances a priori identiques à celles de leur géniteur. » Cette possibilité permettrait d’élever et de cultiver des espèces plus productives, mais elle n’interroge pas les conséquences que pourrait avoir des organises génétiquement modifiés sur notre environnement et notre santé.
D’autre part, « le clonage est envisageable pour éviter l’extinction de certaines espèces en péril. »

Enfin, la possibilité de développer un clonage thérapeutique qui permettrait d’ouvrir de nouveaux horizons à la médecine. « L’espoir du clonage thérapeutique est de soigner avec des cellules souches issues des patients eux-mêmes, ce qui éliminerait les risques de rejets. Cela implique de pouvoir contrôler in vitro la spécialisation de ces cellules en vue de réparer un cœur, un foie ou un poumon défaillant. Mais obtenir ces précieuses cellules nécessite au départ de nombreux ovocytes et la mise en culture d’embryons humains dont le statut ontologique soulève un problème éthique. (…) Si la nouvelle loi française de bioéthique interdit le clonage thérapeutique, elle autorise toutefois les travaux sur les embryons « naturels » congelés issus d’une fécondation in vitro et qui ne font plus l’objet d’un projet parental. Le décret d’application est paru en mars dernier. » Le clonage humain est accepté pour certains éléments et suivant certaines conditions en France, mais pas dans la totalité. Qu’en sera t’il dans quelques années et dans d’autres états ?

Maurice Wegnez évoque les problèmes posés par le clonage humain aujourd’hui et demain. « Il y a quelque chose de déshumanisant à vouloir reproduire un homme à l’identique. Depuis la loi du 6 août 2004 relative à la bioéthique, le clonage reproductif humain est formellement prohibé en France. Plus largement, il fait aujourd’hui l’objet d’une réprobation quasi unanime dans le monde. Reste à savoir comment, d’ici quelques décennies, évolueront les mentalités et la loi. » Tant qu’aucune législation mondiale sera mise en vigueur, la possibilité de voir le clonage humain se développer librement sera présente.

Cette question se pose déjà avec les animaux domestiques. Le clonage de chat ou de chien est accepté par certains états, comme le Japon ou la Corée du Sud. Contre une somme d’argent conséquente, certains laboratoires clonent des chats ou des chiens mort pour apaiser le malheur des riches propriétaires.

Erwan Guyot – Mylène Gouin – Emilien Pont

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