La cohabitation : 2 – Un substitut de la sphère familiale : une alternative aux structures traditionnelles

Étudier le phénomène de cohabitation nécessite de comprendre le passage du foyer familial à celui individuel. C’est la recherche d’une nouvelle structure d’habitat, en réponse à la structure familial, une première indépendance, autonomie de l’individu. De plus, le partage du cadre de vie est également un raccord de sociabilisation avec les autres colocataires. La cohabitation serait une corde de secours sociale à isolement post-familial.
 
 
La structure de cohabitation, à notre époque moderne est aussi une réponse à l’isolement de l’individu dans le monde urbain, aux changements plus fréquent de statut social. C’est avec la remise en question de la notion de couple et de la stabilité qui en découle, que celui de la cohabitation prend racine. C’est un modèle flexible de vie sociale à l’image d’un l’individu moderne, volatil, adaptable et sans cesse insatisfait. En effet, la pérennité d’un couple n’est plus aussi solide qu’elle ne pouvait l’être auparavant, notamment grâce aux nombreuses émancipations culturelles. Le statut n’est plus forcément synonyme de sédiment de construction pour un nouveau foyer. Aujourd’hui, l’individu lambda évolue souvent par alternance du célibat ou couple. La cohabitation / colocation pourrait donc être une solution suffisamment temporaire pour permettre des ajustements en cas de changement social, mais également suffisamment stable pour créer un cadre de vie confiant et collectif.
 
 
Il faut aussi noter que ces critères sont distillés par notre société même. Ce sont les pressions sociétales qui façonnent et orientent le comportement des individus. Que cela soit par rapport au monde du travail, culturel, du tourisme, elles nous demandent de plus en plus d’être mobile, flexible, tolérant, donc notre implantation sédentaire devient presque paradoxale. On doit être capable de s’installer un endroit précis tout en sachant qu’il existe une possibilité de déménager ailleurs. La structure en colocation offre donc une flexibilité qui était absente dans le foyer familial, ou les structures plus hiérarchisées. En effet, il arrive souvent que au sein même de l’entité de cohabitation crée, que les éléments qui la composent s’intervertissent, se remplacent par des nouveaux, reviennent après une absence…  La cohabitation est donc un investissement personnel dans une organisation collective sans contrat définitif.
 
 
Définissant ainsi la cohabitation comme alternative contemporaine à composante sociale, on pourrait donc supposer qu’en cas de baisse de pressions économiques et financières ce phénomène pourrait perdurer puisqu’il apporte à l’individu un substitut social à l’image de ses attentes et modes de vie actuels. 
 
 
En comprenant à présent le contexte social, on pourrait aborder la question plus précisément en se demandant si ce un comportement social est ciblé selon l’age des individus, leurs niveaux sociaux, leurs ascensions sociales, leur situation professionnelle ? Peut-il devenir un modèle de vie communautaire, solidaire, intergénérationnel, modèle pour la société de demain ? 
 
 
Adrien Marty – Vincent Trescartes – Paul Berthelot
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