La déterritorialisation de l’architecture

Une révolution architecturale s’opère avec des groupes tels qu’Archigram, GEAM (groupe d’étude d’architecture mobile), Archizoom… En remettant en question le rapport au sol de l’architecture avec leurs utopies, ils déterritorialisent l’architecture vers d’autres horizons. Ils mènent une réflexion sur les villes et les structures qui pourraient être habitées différemment. Ils génèrent par leurs utopies une déterritorialisation de l’architecture, en développant une architecture mobile et évolutive. Yona Friedman avec «la ville spatiale» ou encore Peter Cook avec «plug in city», proposent des alternatives à l’architecture existante, par des superstructures qui se posent au-dessus des villes existantes.

Selon l’historienne de l’art Marie‐Ange Brayer, « c’est la ville des cartes habitées (…) L’architecture appréhendée comme “paysage artificiel” est devenue une topographie propre. La carte de géographie n’est plus apte à en rendre compte puisque ce territoire architecturé est déjà devenu en lui‐même une représentation, un graphe, un diagramme autonome, qui se joue des contraintes factuelles du territoire comme extériorité. L’architecture est ici une carte de géographie, mais sans référent ». Ainsi la déterritorialisation architecturale, proposée notamment par Archigram, génère à la fois une nouvelle architecture, une nouvelle ville, mais également une nouvelle géographie.

La déterritorialisation touche de nombreux domaines, induit de nouvelles préoccupations et donne de nouveaux points de vue à l’Homme.

 

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Ville spatiale,Projet de Yona Friedman, 1960-1970 / Yona Friedman

 

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L’Architecture mobile, 1970,
Helix City, Nakagin Capsule Tower
Projet et réalisation de Kisho Kurokawa, 1961 et 1970-1972 / Mouvement Métaboliste, japonais, 1959

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Plug-in-City,Walking City, Instant City
Projets d’Archigram (Peter Cook, Warren Chalk, Ron Herron, Dennis Crompton, Michael Webb and David Greene) dans Archigram, 1961-1974

 

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No-Stop City
Projet d’Archizoom, 1969-1972
Andrea Branzi, Le Design italien, « La casa calda », L’equerre, 1985
Andrea Branzi, No-Stop City. Archizoom Associati, Éditions Hyx, 2006

Ce qui émerge en architecture de cette mouvance est sans doute le «centre Beaubourg», de Renzo Piano et Richard Rogers, par la construction de ce bâtiment incongru pour l’époque au cœur de Paris. En déterritorialisant un îlot insalubre, un siècle après les grands travaux d’Haussmann, cet îlot est « reterritorialisé » par la création d’un « centre culturel (…) qui soit à la fois un musée et un centre de création, où les arts plastiques voisineraient avec la musique, le cinéma, les livres, la recherche audiovisuelle (…) qui serait moderne et évoluerait sans cesse. » (Georges Pompidou). Cet édifice est un lieu à part entière au sein d’un environnement historique qui génère des espaces temporels différents, mais cohabitants ensemble, créant un nouveau territoire.

 

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Le Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou (CNAC), 1977

 

Marine Franceschi_Lysiane Kaiser_Typhanie Deroin

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