La gentrification, ou comment un mode d’habitat à l’origine marginal et exclusif devient une mode et une priorité pour certaines politiques de la ville

Issu du terme anglais « gentry » signifiant la petite noblesse, l’expression est pour la première fois utilisée par la sociologue marxiste Ruth Glass, désignant de manière péjorative les nouvelles classes aisées qui réinvestissent le centre des villes anglaises et nord-américaines, territoires jusqu’alors habités par les classes sociales populaires.

La situation diffère en France où les centres ont toujours été les lieux prisés des classes élevées. Le processus de gentrification dans les grandes villes françaises s’effectue souvent dans une périphérie relativement centrale, c’est-à-dire proche des infrastructures et des équipements.

Du hobo au bobo

Le terme de bobo, désignant les gentrifiers, apparait pour la première fois dans les années 2000, dans l’essai d’un journaliste américain, David Brooks ; c’est à la fois un terme qui signifie le  bourgeois bohème, et qui fait écho au « hobo » dont certains rattachent l’origine épistémologique aux « homeless bohemia ».

Issus de la génération 60-70, les bobos sont à l’origine des individus diplômés issus d’une classe aisée. On peut les définir comme des marginaux dans la mesure où ce sont des gens qui s’affranchissent de leurs mœurs sociales et de leur héritage familial : Aux quartiers aisés et luxueux, ces derniers préfèrent des tissus faubouriens et populaires, dont ils revendiquent le cachet ethnique. Ils sont à la recherche de logements atypiques, hors normes et rénovent de ce fait de nombreuses anciennes usines, loft etc.

Le bobo aujourd’hui

Aujourd’hui le terme bobo a perdu de sons sens originel : Désormais, ces derniers désignent en grande partie une population moyenne-aisée privilégiant un habitat relativement épargnée par les spéculations immobilières : à Paris, on pourrait citer le quartier de Belleville comme exemple de quartier gentrifié. Les villes limitrophes de Pantin, Bagnolet et Montreuil peuvent aussi illustrer ce phénomène.

Désormais, au nom de la mixité sociale, la gentrification parait de plus en plus assumée en tant qu’objectif explicite des politiques urbaines. Toujours est-il que la revalorisation (architecturale et culturelle),  de quartiers augmente de ce fait leur foncier et provoque le déplacement de populations en difficulté vers des secteurs excentrés. Jadis, le quartier de Montmartre à Paris était un quartier populaire, un « village » dans Paris. Avec la migration d’artistes et l’apparition de nombreux commerces et lieux dédiés au  tourisme, la hausse pharamineuse des loyers, Montmartre est aujourd’hui un des lieux les plus touristiques de Paris.

Esther ADEQUIN, Emilie BERTHELOT, Julien DENIS, Sarah VASSEUR

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