Les glaneurs et la glaneuse

Le titre de se documentaire réalisé et commenté par Agnès Varda traite, comme l’indique le nom, des glaneurs. Ils ramassent les produits après la récolte. Alors que dans le passé ces ramasseurs étaient majoritairement des femmes qui glanaient en groupe, de nos jours le glanage est mixte et plutôt solitaire. Parmi les nombreuses personnalités filmées dans ce reportage, interpelle particulièrement dans le rapport qu’ils entretiennent avec la marginalité.

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« Biffer » pour exercer son art

Hervé est un  « biffin », c’est-à-dire qu’ il va «  au devant des objets encombrant dont les gens se séparent ». Pour savoir où « biffer », il se sert du plan de ramassage des encombrants délivré par les communes. Initialement prévu pour informer les gens des jours où ils peuvent se débarrasser d’objets devenus gênant, Hervé lui s’informe des jours et lieux où il peut ramasser ses objets.

Il se déplace à vélo, plutôt de nuit, piochant de tas en tas, de village en village, selon ses coups de cœur.  Il ne peut prendre avec lui que ce qu’il arrive à transporter. La concurrence l’oblige à ne pas s’attarder lors de ses tournées. Les encombrants sont pour lui des cadeaux laissés dans les rues. Les décharges sont des réserves presque infinies de biens, et non des rebus de la société.

Il stocke toutes ses trouvailles dans un hangar. Avec les années et à force de coup de cœur, ce lieu déborde d’objets de tout genre, s’accumulant de tous les côtés, de façon anarchique. Mais tous ces objets ont leur place, car comme il le dit, ces objets «  l’ont appelés pour se retrouver là ».

Son activité de biffin est associée à son travail de peintre. Il utilise les choses récupérées et les recycle pour créer des œuvres d’art. Ces objets par leur première vie, sont riches de sens. C’est cette profondeur qu’il tente de transmettre avec ces œuvres.

Hervé met en avant un modèle, le modèle à suivre dans une société de consommation où jeter abusivement est devenu courant.

Ramasser en ville par éthique

Un homme (dont on ne connait le prénom) commence par un constat : qu’ils soient riches ou pauvres tout le monde jettent. Partant de cela, lui récupère et s’en nourrit exclusivement. Depuis 15 ans il mange les aliments trouvés dans les poubelles et dit fièrement qu’il n’en est jamais tombé malade.

Qui est cet homme ? Surement, un sans domicile fixe, sans travail, en marge de la société.

Et bien non, il travail, est salarié et a un numéro de sécurité sociale. Il ne ramasse pas dans les poubelles par nécessité et par extrême pauvreté mais par souci d’éthique. Il trouve scandaleux de voir tout ce gaspillage dans les rues. Les gens jettent beaucoup trop et s’il reste autant de choses dans nos poubelles les conséquences peuvent être terrible.

En effet les catastrophes, telle que le naufrage du pétrolier Erika, le 12 décembre 1999, au large de la Bretagne et transportant 30 884 tonnes de fioul lourd ont de graves conséquences. Cette catastrophe a souillé les côtes françaises sur 400 km et a provoqué la mort de 300 000 oiseaux. Ces oiseaux sont les victimes de la société de consommation et c’est pour ça que cet homme souhaite être un agitateur.

En signe de distinction, il se promène dans les rues avec des bottes en caoutchouc vertes. Cette tenue est nécessaire pour lui, pour évoluer dans ce terrain hostile qu’est la ville. Il se voit comme le Seigneur de cette ville de fous, où tous jettent inutilement et lui rafle la mise.

Ramasser en ville par nécessité

L’homme filmé (non nommé ici aussi), passe après les marchés, avant que le personnel chargé de tout nettoyer ne passe, et ramasse ce qu’il trouve. Il dit travailler mais gagne trop peu pour survivre.

Etant végétarien, il trouve tout ce qu’il lui faut après les marchés, il picore à gauche à droite, raisins, poires, oranges, pommes, etc. Chaque jours, il fait sa tournée. Dès 6-7h, il récupère le pain dans les poubelles des boulangeries, puis va faire les marchés.

Cet homme nous apprend qu’il est diplômé de biologie.  Ce qui explique le discours qu’il tien sur les apports nutritifs quotidien. En ramassant, il cherche et parvient à avoir chaque jour, les apports suffisants.

Nous le rencontrons ensuite au travail : à la sortie d’une gare, il vend des journaux. Ces revenus ne lui permettent pas de se loger. Ainsi il vit depuis 8 ans dans un foyer, avec 50% de personnes illettrés. Ce « marginal » cultivé et diplômé côtoie d’autres marginaux, aux caractéristiques différents. Depuis 6 ans, il enseigne aux immigrés qui le souhaitent la langue française, tous les soirs de 18h30 à 21h.

Il est diplômé et vend des journaux. Il ramasse du pain, des fruits et est enseignant. Il est en marge et au cœur même de la société.

Agnès Varda se présente au travers de ce film comme la glaneuse (celle du titre). Elle se promène au quatre coins de la France, la caméra à la main, pour glaner des histoires, des témoignages de marginaux et pour  nous les présenter.

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Esther ADEQUIN, Emilie BERTHELOT, Julien DENIS, Sarah VASSEUR

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