Du territoire au non-lieu : la «multiterritorialité»

Le terme de « déterritorialisation » a été créé en 1972 par Deleuze et Guattari dans Anti-Œdipe. Il caractérise un processus de décontextualisation : « une déclassification qui les [objets, gestes, signes…] libère de leurs usages conventionnels envers d’autres usages, d’autres vies. » La déterritorialisation est un concept qui peut être utilisé dans de nombreux domaines : politique, social, art, architecture, etc. « Devenu également concept de géographie culturelle, il désigne le fait de rompre le lien de territorialité entre une société et un territoire. ». Mais comment se définit un territoire ?

La notion de territoire est large, elle aussi. Elle peut s’appliquer à de nombreux domaines : géographie, politique, économique, social et culturel. C’est, dans un premier sens, « une étendue de terre, plus ou moins nettement délimitée, qui présente généralement une certaine unité, un caractère particulier. » mais c’est aussi, du point de vue sensible, « un lieu, espace qu’une personne considère comme sien, où elle se sent à l’aise. » et on peut l’étendre à : « ce sur quoi porte, s’applique quelque chose, ce qui en constitue le contenu, la matière : territoire intellectuel, moral ; le territoire de l’intelligence, de l’enfance ; les territoires de l’art, de l’avenir, de la conscience, de l’esprit, de la luxure, de la métaphysique, de la pensée, du passé, de la sensibilité. » (Définitions tirées du trésor de la langue française)

En fonction du territoire concerné, on peut supposer que la déterritorialisation peut se lire sous une forme précaire, de privation de territoire, de perte d’identité ou peut représenter un enrichissement par un partage au-delà des limites du territoire donné.

Le mouvement de déterritorialisation peut être suivi d’une reterritorialisation. Mais aujourd’hui, avec internet, la mobilité des populations, les flux immatériels (capital, etc.) le processus de déterritorialisation est grandissant et n’est pas toujours suivi d’une relocalisation. Il s’agit d’une libération d’un territoire donné. Le territoire n’est plus fixe, il est mouvant et accessible par tous. On peut alors parler de « multiterritorialité ».  « La multiterritorialité est la possibilité de faire l’expérience simultanée de différents territoires, tout en reconstruisant de manière permanente celui que l’on considère sien. » Cette évolution a changé notre rapport au temps et à l’espace.

Comment se situe l’architecture dans ce mouvement de mondialisation ? Quel doit être le bon langage de l’architecture ?

Les espaces où les codes et les repères sont universels et standardisés, comme les gares, ou les espaces hyperfonctionnels du métro, questionnent le rapport au territoire.

Les non-lieux seront-ils le  patrimoine de demain?

 

Marine Franceschi_Lysiane Kaiser_Typhanie Deroin

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