Gestalt Theory ou la psychologie de la forme

Définition du Centre National de Ressources Littéraires et Textuelles  :

– Structure à laquelle sont subordonnées les perceptions.

– Doctrine affirmant que les « formes » sont les données premières de la psychologie

 Sans titreLa théorie de la Gestalt, traduite de l’allemand par « théorie de la forme », est aussi appelée  psychologie de la forme. Cette théorie psychologique et sociologique est née en Allemagne, peu de temps avant la Première Guerre Mondiale.

C’est une théorie sur la perception avec pour postulat premier : la perception conditionne le comportement. Les premiers gestaltistes,  Ernst Mach et Christian von Ehrenfels se basent sur les idées de Goethe et Edmund Husserl (fondateur de la phénoménologie), ainsi que des philosophes comme Jean-Paul Sartre. Ils rejettent les idées de l’associationnisme, la psychologie behavioriste et toutes autres théories basée sur les réflexes et les instincts. (cf article précédent).

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A partir de 1942 et en se basant sur cette théorie, Fritz Perls, psychiatre et psychothérapeute allemand, crée la Gestalt thérapie. C’est une psychothérapie qui tente de résoudre des troubles émotionnels et comportementaux d’individus par le changement de leur perception du monde. En effet, cette thérapie explique que le psychisme d’un individu est dynamique, c’est-à-dire qu’il est dans un processus d’adaptation constante avec son environnement. Cette adaptation passe avant tout par la perception de son environnement avant d’ajuster son comportement. Mais si cette perception est erronée, le sujet a des troubles comportementaux.

La théorie de la Gestalt prétend donc que le tout est différent de la somme de ses parties. Ainsi lorsque l’on perçoit une image, une personne, une situation ou un comportement, notre cerveau ne voit pas chaque détails mais cherche toujours à en avoir une vue synthétique et globale. Le « Context » est plus signifiant que le « Texte », les « Mots », ou les « Lettres ».

Un exemple du philosophe Jean-Paul Sartre, influencé par la théorie de la Gestalt, permet de bien comprendre cela : « J’ai rendez-vous avec Pierre à quatre heures. J’arrive en retard d’un quart d’heure […] et je dis  « Il n’est pas là. » (…) « J’ai tout de suite vu qu’il n’était pas là »… Il est certain que le café, par soi-même, avec ses consommateurs, ses tables, ses banquettes, ses glaces, sa lumière, son atmosphère enfumée, et les bruits de voix, de soucoupes heurtées, de pas qui le remplissent, est un plein d’être. Et toutes les intuitions de détail que je puis avoir sont remplies par ces odeurs, ces sons, ces couleurs… Mais il faut observer que, dans la perception, il y a toujours constitution d’une forme sur un fond. Aucun objet, aucun groupe d’objets n’est spécialement désigné pour s’organiser en fond ou en forme : tout dépend de la direction de mon attention. Lorsque j’entre dans le café, pour y chercher Pierre, il se fait une organisation synthétique de tous les objets du café en fond sur quoi Pierre est donné comme devant paraître… Chaque élément de la pièce, personne, table, chaise, tente de s’isoler, de s’enlever sur le fond constitué par la totalité des autres objets et retombe dans l’indifférenciation de ce fond, il se dilue dans ce fond. Car le fond est ce qui n’est vu que par surcroît, ce qui est l’objet d’une attention purement marginale. (…) Je suis témoin de l’évanouissement successif de tous les objets que je regarde, en particulier des visages, qui me retiennent un instant (« Si c’était Pierre ? ») et qui se décomposent aussi précisément parce qu’ils « ne sont pas » le visage de Pierre. Si, toutefois, je découvrais enfin Pierre, mon intuition serait remplie par un élément solide, je serais soudain fasciné par son visage et tout le café s’organiserait autour de lui, en présence discrète. » L’être et le Néant

Affiche-du-film-Les-AutresOn pourrait rapprocher cette conception de Sartre de la perception au film Les Autres d’ Alejandro Amenábar, réalisé en 2001.  L’histoire prend place à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, dans une immense demeure victorienne isolée sur l’île de Jersey, où y vivent une veuve de guerre et ses deux enfants. La famille qui vit cloîtrer dans la maison se voient hantée par les autres : des fantômes ou des esprits. Durant le visionnage, le téléspectateur suit la descente en enfer de la famille, en pensant comme elle, que les autres sont des esprits. C’est par la perception de la femme et des enfants que l’on décide de la nature des autres. Il s’avère en fait que les autres font bien partis du monde des vivants. Ils sont les nouveaux habitants de la demeure qui s’était retrouvée abandonner après l’homicide des enfants par leur mère et le suicide de cette dernière. Ainsi on comprend que le point de vu de la famille : leur subconscient refusant l’idée de leur propre mort, sur un fond de vie quotidienne, ils ne voyaient plus que l’élément de leur trouble comportemental : les esprits. C’est par une perception erronée de la réalité qu’ils ont adopté un trouble comportemental.

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Ainsi nous comprenons par cette théorie que notre cerveau nous fait voir ce qu’il veut bien voir. La perception n’est pas une expérience objective : parce qu’elle passe par notre cerveau, dans son conscient et subconscient, une image n’est pas vue telle quelle, mais est « vu comme » le cerveau l’a analysé. L’expérience de la perception est initialisée par notre capacité innée à connaitre et reconnaître le monde dans lequel nous vivons.Dans son livre La dimension Cachée, Edward T. Hall explique son théorème « la proxémie » en partant du principe que chaque espèces animales vivant sur Terre s’adapte à son environnement et se crée un espace de vie autour de lui. La proxémie est l’idée que c’est par la proximité relative entre les individus que des relations sont possibles. Donc la perception d’un autre individu, plus ou mois proche de nous, influe sur notre comportement envers lui.

Ainsi, la Gestalt nous enseigne que notre comportement est conditionné par notre perception. Peut-être que notre comportement serait différent si notre monde était différent.

Pauline Combe – Morgane Guillemin – Léa Hollier-Larousse

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