Cliché n° 2 : Ils sont nomades

Le nomadisme représente l’un des premiers stéréotypes par les non-Roms. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui confondent les gens du voyage avec les Roms.

En réalité, sur le demi-million de Roms en France, Marcel Courthiade, professeur de langue et de civilisation romani énonce que seulement 15 % sont mobiles.

Le sociologue rom Nicolae Gherorghe explique que ce cliché est apparu récemment : « Dans les années 1930, l’Union soviétique a commencé à interdire aux artisans roms et à leurs familles de se déplacer à travers le pays pour chercher du travail. Les autorités soviétiques recouraient au qualificatif de « nomades » pour justifier la répression de ces Roms itinérants. Dans les années 1950, cette étiquette était reprise dans toute l’Europe centrale et orientale.»

Ce « nomadisme » semble naître d’un processus de survie et non pas de causes culturelles ou ethniques. La nécessité de trouver un territoire, de gagner de l’argent, les causes politiques et économiques provoquent la migration.

N’y aurait-il pas là un amalgame entre migration et nomadisme?

Nous nous trouvons dans une sorte d’ignorance.

Par exemple nous avons pu constater en juillet 2010 que même le chef de l’Etat mélangeait des familles tsiganes françaises sédentaires avec les familles migrantes roumaines et bulgares.

Laurent Mucchielli dans « l’invention de la violence » explique que dans cette affaire, ces familles fragiles qui furent accablées à tord d’une punition exemplaire deviennent les bouc-émissaires du sentiment d’insécurité générale français.

Nous sommes devant une image non fondée qui viendrait d’une construction politique : personnes considérées comme étrangères peu importe là où elles vivent car elles restent dans une certaine marginalité, une forme d’exclusion.

Philippe Rodier, un membre des médecins du monde à Marseille soutient dans un article du monde (11.08.2011) que « les Roms sont d’abord des Européens migrants et que ni nomades, ni étranges ils revendiquent un patrimoine culturel commun.[…] Aborder le problème posé par la présence des familles roms, roumaines et bulgares, à Marseille et en France, c’est s’interroger sur la question d’une migration humaine, intra-communautaire, volontaire, déterminée et irrémédiable. »

Si les Roms font l’objet de nombreuses polémiques, de « bourrages de crane » médiatiques et d’instrumentalisations politiques, de nombreux sujets concernant leurs modes de vie ou la famille sont beaucoup moins abordés que d’autres.

Qu’en est-il concernant leurs habitudes ? Qui sont-ils à travers l’image négative que certains Roms migrants nous donnent ?

Emmanuelle Antoine, Florence Grillet, Marine Ferreira

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