Cliché n° 3 : Ils sont sales

« Les non-Roms, les gadje, sont impurs à contrario des Roms censés être purs. Une impureté peut engendrer des malédictions, mais aussi des maladies. » Un peuple-mémoire les Roms, Régis Blanchet, Editions du Prieuré, 1997, Rouvrais, p.107

La notion de saleté est en fait assez subjective. Il est vrai que, du fait de leur pauvreté, les Roms reflètent une image assez sale et un manque d’hygiène, mais quand on entend leur point de vue, ils nous reprochent à nous aussi d’être sales et surtout « impurs ».  Ainsi ils ont le dicton suivant :

« les gadges sont comme des poissons, ils puent« .

En effet, leurs croyances sont portées sur une notion de pureté qui peut nous paraître tout à fait étrange. Là où nous pensons à l’hygiène, ils parlent de pureté en tant qu’appartenance à leur communauté. À notre grande surprise, au fils des lectures que nous avons faites sur le sujet, nous avons découvert qu’ils ont des critères de puretés assez précis.

Les enfants, étant encore inconscient, sont considérés comme purs. De même, les personnes âgées ayant déjà des cheveux gris ou des petits enfants sont considérées comme sages et donc totalement pures. Cependant, quand arrive la puberté, le Rom (qui signifie homme marié en Romani, devient potentiellement marime (= impur).

« Le combat de la vie entre le bien et le mal se fait à l’âge adulte, entre la puberté et la vieillesse« , nous explique Regis Blanchet : »dans un dualisme fondamental, le bas du corps (pieds, jambes, sexe, ventre) est originellement marime alors que le haut (poitrine, bras, cou et tête) est pur de tout temps. »

C’est pour cette raison que les Roms sortent toujours avec les jambes bien couvertes, qu’ils ne lavent pas les pantalons en même temps que les chemises et qu’après avoir touché les vêtements du bas du corps il leur faut se laver les mains pour les purifier.

« Les sanitaires sont les lieux les plus polluants pour les Roms, car ils sont directement responsables d’attouchements nécessaires des organes génitaux, ce qui est très marime. »

Enfin c’est aussi pour cette raison qu’ils gardent une certaine distance par rapport à nous, ils ne peuvent effectivement pas nous toucher, nous « marimes », de peur de se retrouver « contaminés ».

Les Roms basent donc la médecine sur une sorte de « magie » où les crachats et le sang (coagulé) sont considérés comme purs et donc servent à soigner les maladies. Ils pensent aussi que les maladies sont la conséquence d’une erreur dans l’application du code des puretés.

On voit donc bien que cette notion de pureté qu’ils ont définie ne se rapporte pas tellement à l’hygiène comme nous la définissons. En effet, un Rom qui suit vraiment cette croyance possède un mode de vie qui, à nos yeux, favorise une certaine insalubrité, mais à ses yeux favorise la « pureté ».

Enfin, il est important de noter qu’au sein des Roms se distinguent différentes familles / communautés qui possèdent chacune différents mode de vie voire même différentes valeurs qui entraînent donc une variation dans l’interprétation de ces codes.

Emmanuelle Antoine, Florence Grillet, Marine Ferreira

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