Le street-art, un art illégal ?

Loin d’être un phénomène récent, le street-art arrive des Etats-Unis vers l’Europe dans les années 80. Son expression actuelle tire ses origines dans la culture Hip-Hop, également issue des USA. Cette culture, ultra populaire auprès de jeunes générations, explose lors des années 90 en France. A cette époque, les « blazes » poussent sur les murs parisiens comme des champignons. Les graffeurs investissent la ville, choisissant l’environnement urbain comme support de leur art. Les murs pignons d’un terrain vague, les bas d’immeubles, les métros et les trains, deviennent autant de « toiles » pour laisser libre cours à l’expression créative de la rue (85% des rames de la ligne 13 étaient recouvert de tags).

Ce phénomène n’est pas resté sans réaction. La RATP commence à sévir et lance une chasse aux graffeurs. Le phénomène est alors dénoncé par une partie de la société, qui ne comprend pas la valeur artistique de ces street-œuvres, ou les assimile à une culture populaire, qui ne serait pas assez noble pour s’afficher. Pour d’autres, il ne s’agit que de vandalisme, et de vulgaires dégradations.

Les street-artists sont donc, aux yeux de la société, des voyous de bas étages, dont la seule motivation est de dégrader, et de souiller les ô combien magnifiques pignons aveugles parisiens.

La réalité est tout autre. Comme tout artiste, le graffeur cherche à diffuser une idée, un message, à dénoncer des problèmes sociétaux… Son seul tort serait donc de préférer le support urbain, comme terrain d’expression artistique, mais aussi de tirer ses codes d’une culture populaire (Oh, quelle vulgarité !). Effectivement, il n’est pas agréable de voyager dans une rame de RER, recouverte de graffitis prônant le pêché d’inceste d’un policier avec sa génitrice. Mais les énergumènes qui recouvrent le métro d’insultes à l’attention de leurs rivaux ne sont en aucun cas assimilables à des street-artists.

En tout état de cause, le street-art est encore mal accepté, malgré les nombreuses récupération récentes de la part de musées, voir de marques de luxes désireuse de surfer sur la mode du graff (loin d’être nouvelle) pour faire du profit (absurde lorsque l’on connaît les origines de cet art). Le street-artist est encore contraint de protéger son identité, de travailler dans l’ombre, car évoluant en toute illégalité. Les autres, ceux qui veulent s’exposer au grand jour, le font dans des musées. Extraire le street-art de son environnement intrinsèque (absurde également) semble être la seule solution de le « ramener » vers la légalité.

 

Tristan Bazot, J-F Thierry, Charles Allainmat, Geoffroy Lomet

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