Cliché n° 5 : Ils ne veulent pas parler français, ils ne font rien pour s’intégrer

La véritable question que nous nous posons concernant l’intégration des Roms se formule ainsi :

« Ne veulent-ils pas ou ne peuvent-ils pas s’intégrer ? »

Récemment, le ministre de l’intérieur Manuel Valls clamait : « Les occupants des campements ne souhaitent pas s’intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ou parce qu’ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution.« 

Ne condamne-t-il pas cette question délicate trop facilement en « faisant des cas spécifiques » des généralités ?

Comment des sociétés immigrées peuvent à la fois conserver leur culture tout en s’intégrant?

Régis Blanchet, souligne dans son livre Un peuple-mémoire les Roms la volonté de la plupart des Roms en France : »La société française nous propose bien d’être français à part entière, mais nous, nous voulons être des Roms français. »

Serait-il possible qu’ils puissent conserver leurs identités, leurs habitudes et coutumes sans être vu comme des marginaux?

À commencer par la conservation de leur langue qui apparaît fondamentale pour l’identité Rom.

« Notre langue romani […] revêt donc une importance d’autant plus grande qu’il n’existe pas de territoire national rom, d’Eglise nationale ou même de bourgeoisie  constituée comme seule porteuse de signes de référence. »

Un peuple-mémoire les Roms, Régis Blanchet, (p.16)

Même si les Roms représentent un groupe automatiquement mis à part, l’apprentissage du français et la scolarisation affichent un bon facteur d’intégration.

Cependant même ceux-ci ne sont pas assurés. A la fois par le problème des expulsions qui entraînent une rupture de la scolarisation, par les écoles qui refusent d’accueillir les enfants, bien que la loi les y oblige, et par le fort taux d’illettrisme des Roms venant de Roumanie par exemple.

Le rapport de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme nous permet de lister un bon nombre d’obstacles rencontrés: « atteinte à la liberté de circulation et d’installation, atteinte au droit d’asile, atteinte aux droits sociaux (droits au travail, droits aux soins), fichage de fait spécifique (OSCAR) ou encore obstacle à la scolarisation. »

Dernièrement avec l’affaire Léonarda que véhicule réellement la presse : le refus d’asile injuste de la France ou bien une France qui en a déjà trop fait pour une famille qui ne faisait pas tout ce qu’il fallait pour s’intégrer notamment avec le père, loin d’avoir un comportement idyllique?

Actuellement, les Français sont-il préparés à accepter ces Roms qui surgissent dans « leur » paysage et dont-ils ne connaissent rien?

Emmanuelle Antoine, Florence Grillet, Marine Ferreira

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