Synthèse : le conditionnement et son impact sur le comportement des individus

Ces recherches sur le conditionnement et son impact sur le comportement des individus, nous  amènent à formuler des hypothèses quant aux conséquences sur les interactions sociales.

Hypothèse 1 : amalgame ?

Après nos recherches, il nous parait évident que le conditionnement est un phénomène indépendant de notre volonté. Les individus soumis à une phase de conditionnement n’en sont pas conscients. Nous pourrions dire qu’ils la subissent. Si nous prenons le cas de la jeunesse hitlérienne, dès l’école, les idées nazies leur étaient inculqués. Toutes activités renforcent leur modelage selon les normes imposées par Hitler. Leur conditionnement est facilité par leur jeune âge. En effet, les enfants se construisent et fabriquent leur monde sur l’idéologie du nazisme. De plus, les béhavioristes parlaient «d’apprentissage». On peut alors se demander si le choix de ce terme était un moyen pour ces théoriciens de faire accepter au sein de la communauté scientifique ou des institutions gouvernementales, leur idéologie. Selon la définition du CNTRL, l’apprentissage appartient au domaine de l’enseignement ou de la formation. C’est l’action d’apprendre un métier en particulier formation professionnelle organisée permettant d’acquérir une qualification pour un métier. En psychologie, en parlant d’une personne, d’un enfant ou même d’un animal, modification adaptative du comportement au cours d’épreuves répétées. 

Il aurait alors un amalgame entre la notion d’apprentissage et celle du conditionnement. Ou, l’apprentissage serait une sorte de conditionnement nuancé ou plus acceptable pour garantir une vie en société.

Hypothèse 2 : Conditionnement et Société

Le conditionnement de l’individu serait au service de la société et non la société au service de l ‘individu. La dystopie Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley traite la question du conditionnement comme la base d’une société stable. L’assurance d’une société pérenne et harmonieuse et d’un système économique prospère basé sur la consommation sont donc leur fin, leur raison de vivre, cela au détriment des libertés et de l’intégrité de chacun. L’individu est déshumanisé, il n’éprouve plus de réels sentiments, il est reformaté tel un ordinateur, il se présente plus comme une machine que comme un être humain.

Dans Orange mécanique, le personnage d’Alex devient un objet d’intérêt pour la société en devenant cobaye d’expériences destinées à soigner par conditionnement les individus au comportement déviant. Aussi les jeunesses hitlériennes étaient, à la base,destinées à devenir des futurs surhommes « aryens » et des soldats prêts à servir le 3° Reich. Enfin, nous pouvons citer comme ultime exemple de l’asservissement de l’individu à une société perverse le film The Truman Show de Peter Weir (1998). Contrairement aux exemples précédents, nous ne sommes plus dans le cas d’une majorité au service d’une minorité dirigeante, mais dans le cas inverse. La vie et la conscience d’un homme a été assujetti au divertissement de toute une société. Pour une émission de téléréalité, un homme, Truman Burbank, a été élevé et continu à vivre dans un monde de décor ou tout, jusqu’au moindre détail de sa vie, a été scénarisé. Cela bien sur à son insu. Il a été complètement conditionné dans ce décor de cinéma depuis sa naissance. Un exemple fort de ce conditionnement est la mise en scène de la « fausse disparition » de son « faux père » par noyade. Traumatisé depuis par la mer, il n’a jamais essayé d’aller au-delà, où se trouve en fait la sortie du studio.

Mais à travers tous ces exemples, le processus de conditionnement a présenté ses limites, et notamment les failles de l’utopie lorsqu’elle est appliquée et est mise à l’épreuve de la nature humaine. Cet échec renvoie à la quête inévitable de la vérité et de la liberté chez l’être humain.L’ évènement libérateur est le retour de l’individu à sa propre nature. Dans Le meilleur des mondes, John Le Sauvage n’arrivant pas à s’adapter et à comprendre cette société complètement aliénée se retrouve piégé par ses pulsions et ses sentiments d’être humain. Devant une telle frustration, il fini par se libérer de ce profond mal-être par le suicide. Les deux autres personnages principaux, Bernard Marx et Helmholtz Watson, dont le conditionnement n’a pas totalement réussi, sont quant à eux, envoyés en exil, sur une île devenue le repaire d’érudits dont la conscience échappe à la société. Il s’agit donc pour eux d’une certaine libération. Orange Mécanique traite également des deux moyens possibles de libération, le suicide ayant échoué, Alex revient à sa nature d’homme violant, il n’a donc pas été guéri ou alors il est guéri de son conditionnement. Enfin, la quête de vérité étant plus forte que son conditionnement, Truman décide de prendre le risque de découvrir une vie plus difficile au nom de la liberté. Il décide donc de se confronter au monde extérieur et retrouve sa vraie conscience et sa vraie nature d’être humain qui lui avait été enlevé depuis sa naissance.

Hypothèse 3 : Conditionnement et marginalité

Partons du postulat que le conditionnement est indissociable du vivre en société et que l’homme ne nait pas conditionné mais le devient au fur et à mesure qu’il fait son entrée dans le monde civilisé.  

Dans le meilleur des mondes de Aldous Huxley, les deux personnages Bernard Marx et Helmholtz Watson sont en marge de ce monde parfait. Bernard Marx fait partie de l’élite, pourtant il n’en a pas le physique. Il se pose alors des questions. Son conditionnement échoue. Il est envoyé sur une des îles réservées aux exclus. Helmholtz Watson lui aussi faisant partie de l’élite, a une intelligence et une conscience particulièrement développée. Scientifique, il se pose des questions et remet en cause le système. A son tour, il est envoyé sur une autre île. A travers son personnage, Aldous Huxley se moque du béhavioriste John Watson qui soutenait que le conditionnement pourrait être thérapeutique et utile pour l’édification d’une société meilleure.

Ensuite parlons des tenues vestimentaires décalées d’une certaine jeunesse nippone. Les concours sélectifs pour rentrer dans le monde des études supérieures, font que dès leur enfance, ils doivent suivre des schémas pré-établis. Leur tenue vestimentaire excentrique ne serait-elle pas un moyen de s’exprimer en tant qu’individu sans être influencé par les attentes de leur société ?

De plus, la culture punk rejette la société et ses valeurs. Ce mouvement aux tenus et musiques décalées s’opposerait au système pour réclamer une totale liberté de pensée et d’expression. Ils rejettent l’apprentissage ou le conditionnement de la société dans laquelle ils vivent, prenant ainsi le statut d’exclu de la société, ou le statut d’individu en marge du système.

On pourrait alors rapprocher le rejet du conditionnement avec le rejet de la société.

Pauline Combe, Morgane Guillemin, Léa Hollier-Larousse

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