Maman, les p’tits bateaux qui vont sur l’eau…

Marginalité et/ou exclusion volontaire – paradoxes

bateliers-blocus-denisgrèves des bateliers sur le canal de la Deûle

Les bateliers (profession que l’on oublie aujourd’hui) faisaient parler d’eux en 2010 en bloquant la Seine, la Deûle près de Lille…, protestant ainsi contre leur précarisation dans l’indifférence générale.

Article libération : http://www.liberation.fr/economie/2010/05/05/contre-la-loi-de-la-jungle-les-bateliers-bloquent-la-seine_624403

Progressivement les notions d’individualisme, d’entre-soi, et d’exclusion sociale se font écho. De l’habitat pavillonnaire aux gated-communities, il n’y a qu’un pas, certaines cités pavillonnaires se replient de plus en plus sur elle-mêmes jusqu’à dresser des barricades et ériger des caméras de surveillance devant alors gated-community. C’est la notion d’entre-soi qui est au coeur du phénomène d’exclusion volontaire.

Essayons de regarder cette question d’entre-soi selon un autre angle; prenons le cas des bateliers.
Progressivement au cours de l’histoire la profession des bateliers à beaucoup évoluée, leur nombre à beaucoup diminué reduisant par conséquent la vivacité de leur «confrérie». Peu considérés, souvent oubliés, les bateliers semblent à la marge de la société.

En effet, le mode de vie des bateliers est caractérisé par une itinérance le long des fleuves et peu de halte sur la terre ferme, engendrant une pratique de l’espace et des liens sociaux particuliers. On peut dire qu’ils occupent et parcourent des espaces en marge de la vie urbaine mais sont pourtant intimement liés à la ville de part le lien marchand et logistique entre la ville et son fleuve. Ils ne s’approprient pas les espaces qu’ils traversent, ils n’en sont pas habitants, aucune adresse fixe, un seul domicile flottant, leur péniche, leur embarcation, un peu leur pavillon à eux.

La pratique de leur métier a énormément évoluée, ils doivent comme de nombreux autres artisans acheter leur outil de travail et de production. Leur maison c’est leur outil de production, c’est par le travail, la multiplication des trajets qu’ils vont pouvoir rentabiliser leur investissement. Un lien très fort se tisse alors avec leur embarcation. Le batelier l’habite en général avec sa famille et leur destin est forcément lié à la péniche. Cet «entre-soi» familial est alors très fort, conséquence directe des nécessités de la profession batelière.

Peut-on parler d’exclusion volontaire ?

Par passion, par choix d’une profession, par destin familial, les mariniers bateliers sont nomades, déterritorialisés par conséquent en marge de la société. Ces marginaux vus de la terre ferme semble s’être exclus de la société. La situation batelière questionne la place laissée par les sociétés urbaines aux populations itinérantes, et aux espaces marginaux qu’elles pratiquent. Pourtant le batelier et sa péniche comme son pavillon isolé renvoie drôlement à l’utopie libérale de la recherche de propriété. Qui est alors le plus isolé, le plus marginal, celui qui c’est le plus exclu volontairement : le batelier sur le fleuve où l’habitant de l’étalement urbain pavillonnaire ?

documentaire sur les Femmes Bateliers et leur famille

Référence : article très complet de Charlotte Paul et Nicolas Raimbault sur «espace temps» [En Ligne]
http://www.espacestemps.net/articles/habiter-le-fleuve-la-flurbanite-des-bateliers-du-bassin-de-la-seine/

Alix Sportich, Solange Montigny, Thomas Havet, Marion Prévoteau

Publicités

Un commentaire

  1. Pingback: L’infra exclusion ou l’utopie de l’homogénéité sociétale | socioarchi

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s