MOBILITÉ

Qu’est-ce qu’un migrant, qu’est-ce que la mobilité?

Un série de notions d’idéologies successives et par fois contradictoires gravaient autour de ces concepts.

Dans la société du XIXe siècle, ou plus exactement dans les représentations de celle-ci qui émergent des statistiques et des enquêtes de l’époque, la migration se définit comme « le fait de ne pas vivre, ni travailler, ni éventuellement se marier là où on a vu le jour ».

La nature des sources disponibles, le contexte politique et idéologique ont orienté l’observation des migrations internes, en focalisant l’attention sur le <<choc migratoire>>.

Ce qui différencie surtout le nouveau venu étranger, c’est la difficulté avec laquelle il se fait admettre. La migration par excellence devienne celle qui provoque le déplacement de l’individu de la campagne vers la ville, de l’espace familier vers l’espace étranger.

A’ partir de la seconde moitié du XIXe siècle, diverses influences ont contribué à définir le phénomène migratoire en France:

1. La migration s’identifie au départ définitif d’un individu de sexe masculin âgé de 20 à 35 ans, qui quitte sa région rurale d’origine pour se dirigeant vers les zones urbaines;

2. Avec des oscillations dues aux crises, ce phénomène s’accroît en intensité du début du XIXe siècle au début du XXe siècle;

3. Le prélèvement opéré par les villes sur les campagnes est un puits sans fond, car la croissance naturelle des régions de départ se maintient à des niveaux élevés tandis que la ville attire sans cesse mortalité forte et fécondité faible.

Pendant tout ce long XIXe siècle, les villes absorbent toute l’augmentation de la population française, et même un peu plus, et fixent la très grande majorité des étrangers immigrés. Au total, entre les 1806 et 1911, l’exode rural a dû concerner  14 millions de personnes environ. Le mouvement campagne-ville apparaît en réalité comme un processus complexe, à étapes.

Une autre approche a montré l’intérêt d’une observation des trajectoires migratoires des individus. En effet  la mobilité affecte différemment les générations successives, qui contribuent inégalement à la redistribution spatiale des populations. Les générations nées après 1895 connaissent une mobilité beaucoup plus faible que les générations antérieures. Donc le campagnes sont le lieu de maintes migrations temporaires ou définitives et les villes du XIXe siècle sont des espaces de mobilité intense, des lieu d’arrivée provisoire ou définitif des migrants venus des villes et villages environnants, ou plus lointains.

Pour les catégories les plus représentées on a pu néanmoins indiquer quelques tendances :

-Les services sont très mobiles, ils demeurent moins de trois ans, en moyenne, au même endroit ;

-Les journaliers et les ouvriers bougent beaucoup, ils ne restent pas plus de dix ans dans le même logement;

-Les 28 % des artisans et des commerçants demeurent plus de 15 ans dans le même logement ;

-Les bourgeois (haut fonctionnaires, négociants, professions libérales) sont plutôt moins mobiles…

Dans toutes les classes sociales on trouve une mobilité résidentielle importante. Les classes laborieuses (les ouvriers, les journaliers, les services) se distinguent cependant en ceci que, parmi elles, on trouve peu de ménages très stables dans le logement. Alors que dans toutes les catégories, on trouve un pourcentage entre 19 et 30 % de ménages restant plus de 10 ans dans le même logement, cette proportion tombe entre 9 et  5 % dans les classes populaires. Globalement il est difficile d’opposer une stabilité bourgeoise à une mobilité populaire. On peut avancer que dans tous les milieux, on trouve des parcours où le nombre de déménagements impressionne, mais en même temps, qu’une intense mobilité résidentielle semble caractériser plus particulièrement les milieux populaires.

Référence : <<Les annales de la recherche urbaine>> numéro 59-60  MOBILITÉS

 

Endrit Miftari, Khadija Del-Lero Bennis

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