Simmel et la littérature du 19ème Siècle. Au bonheur des Dames

Lorsque l’on parle de la ville phénomène, et plus précisément à la phénoménologie de l’espace urbain, on pense au précepteur de cette réflexion, George Simmel, qui, le premier, se pencha sur les questions philosophiques et sociologiques sur la vie menée dans les grandes villes. Une nouvelle forme de vie se développe dans ce contexte particulier, et la modernité modifie la façon que les habitants ont de se déplacer, de communiquer, ou même de voir l’espace urbain. Il s’effectue dans une telle peinture, une interaction plus forte et affirmée entre l’objet et l’individu et chaque rencontre qui s’effectue entre le sujet et l’action. Le phénomène de la ville peut être interprété de différentes façons.  Cela dit, quelque soit la période a laquelle nous décidons de penser cette problématique, les questions qui se posent restent les mêmes : la mutation du monde en échos avec l’économie, les nouvelles formes de vie ou les nouvelles formes de ville. L’évolution de l’économie possède plusieurs impacts sur l’espace urbain, et amène généralement de nouveaux progrès technologiques. Ainsi la révolution industrielle, motrice de l’économie du 19ème siècle a vu paraître dans les grandes villes les premiers transports en communs, le changement de visage du mode de déplacement, passant de la voiture à chevaux aux chemins de fer, etc.…

A travers « La grande ville et la vie de l’esprit », Simmel tente de reconstituer un témoignage et une biographie du Paris de son temps et de sa société, et se pose la question de savoir quelles sont les forces déterminantes qui conditionnent les formes de vie dans le monde moderne des grandes villes. L’esprit de la modernité y est ici traduit par le phénomène de l’argent. Tout est donc lié à l’économie locale, et les relations sociales qui en découlent en dépendent largement. Selon lui,  le caractère principal des relations sociales réglées par l’argent est celui de l’objectivité.

La littérature du 19ème siècle, et plus particulièrement Balzac (antérieur) et Zola (contemporain) ont largement illustré le phénomène urbain comme il est décrit ici, même si tous 2 n’ont pas joué le même rôle dans la création l’élaboration de la théorie de Simmel.

On retrouve donc, à travers Au Bonheur des Dames de Emile Zola, l’illustration flagrante de ce propos. Denise Baudu, se retrouve à Paris, où elle doit trouver du travail, et se retrouve engagée comme vendeuse au nouveau grand magasin de Paris : le bonheur des dames. Bien que l’histoire soit assez restreinte géographiquement, elle décrit merveilleusement la façon dont l’argent et la modernité à cette époque impactent la façon de vivre des Parisiennes.

Les vendeuses se voient dans l’obligation de vivre à l’intérieur de l’enseigne, car le nouveau système mis en place par M. Octave Mouret les oblige à être disponibles et sous contrôle.

La nouveauté du « échangé ou remboursé » pousse au déplacement : si la cliente ne veut plus de l’article alors elle se déplacera de nouveau. Autant de mouvements et d’interactions qui révèlent le phénomène de la ville, de l’argent et de la modernité florissante.

Le changement et le renouveau des étalages, afin de pousser la cliente à parcourir le magasin au lieu de se rendre directement au rayon auquel elle se rend toujours, ont le même effet, et contribuent au déplacement de l’individu dans l’espace. 

 

La Ville phénomène.       Muriel Audouin, Darius Chambrin, Noémie Mallet, Emmanuelle Peupier

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