LE REVERSE GRAFFITI

Autre forme de graffiti : le Reverse graffiti (aussi appelé le clean tag). Il est apparu il y a seulement quelques années. Son principe est simple, plutôt que d’utiliser de la peinture, les artistes vont venir nettoyer les murs sales ou exposés à une forte polution. A l’aide d’un jet d’eau ou tout simplement de leurs doigts, les reverse graffeurs viennent nettoyer la surface. Ce tag “écolo” apparaît dans un contexte saturé d’images. Seulement, cette tendance a vite été reprise par les agences de publicité ou de green marketing. Si le reverse graffiti n’inspire pas les graffeurs, c’est certainement car il ne détériore pas les murs ; le message devient éphémère et sa pratique est légale car respectueuse de l’environnement. A l’origine de ce mouvement, on a pu observé les travaux de Scott Wade, Paul Moose ou Alexandre Orion. Puis les entreprises se sont appropriées ce mode de communication comme Domino’s Pizza, Starbucks Coffee, IBM, Audi ou Smirnoff. Un moyen original, économique et écologique de faire de la promotion. Pour ces marques, le concept est juteux. Elles s’offrent une campagne publicitaire beaucoup moins chère qu’une campagne traditionnelle d’affichage et se paie, en plus, une nouvelle image, jeune et écolo.

« Une expression du Street Art

Avant d’être une arme de marketing urbain, le Reverse Graffiti est avant tout une déclinaison de l’art urbain. L’un de ses pionniers est le pochoiriste Paul « Moose » Curtis. « Je fais des dessins en nettoyant », explique-t-il simplement. Lui aussi a d’ailleurs réalisé des campagnes publicitaires. Et a participé en 2008, au Reverse Graffiti Project, qui a reçu de nombreux prix et récompenses. A San Francisco, sur un mur de 140 mètres de long, il a réalisé une fresque monumentale. Moose devait alors prouver l’efficacité d’un produit ménager de la marque Green Works. Il a aussi montré l’efficacité de l’huile de coude. Autre artiste urbain, Alexandre Orion. A l’été 2006, à Sao Paulo, l’argentin a frotté au mouchoir blanc les murs d’un tunnel et dessiné des têtes de mort de part et d’autre de la route, où se pressent, à chaque heure du jour et de la nuit, voitures et camions. Pour éviter l’inhalation de gaz, l’artiste était équipé d’un masque filtrant.
Un travail impressionnant. Pour sa qualité esthétique. Mais aussi par ce qu’il nous laisse deviner la crasse qui nous entoure et dont nous sommes responsables. Véritable manifeste anti-pollution, la fresque Ossario a demandé treize nuits de travail, 3 500 crânes. Une démarche militante, qui a fait tourner chèvre les autorités locales. »

Tristan Bazot, J-F Thierry, Charles Allainmat, Geoffroy Lomet

Source : http://www.citazine.fr/article/reverse-graffiti-le-tag-nettoyant

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