Les différences sociales : malaise dans les villes ?

Les différences sociales sont présentes partout. On observe des différences sociales dans les petits et grands espaces, dès la cage d’escalier, dans le quartier, dans la ville, dans le pays et à plus grande échelle à travers le monde. Il existe des différences socio-spatiales, notamment entre les populations vivant dans des zones dites « pauvres » ou « riches ». C’est déjà là un début de ségrégation dans la ville. Les populations pauvres ou dites à problèmes se retrouvent dans les cités, par exemple, et les populations dites riches habitent dans les quartiers résidentiels, ces derniers deviennent parfois de plus en plus hermétiques à ce qu’il se passe en dehors (cf quartiers sécurisés). Il existe des sentiments de peur les uns envers les autres.

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Cependant, c’est une stigmatisation, et non une norme. En exemple, le grand ensemble de la Rouvière à Marseille, démontrent que la grande barre à l’écart du centre peut fonctionner socialement et spatialement, et attirer des personnes extérieures à la vie de l’ensemble avec différents programmes (notamment commerces).

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Alors pourquoi pas partout ?

Une définition de la mixité : caractère propre à un mélange d’éléments hétérogènes ou différents. Ce qui revient donc à dire que la mixité sociale serait donc une cohabitation en un même lieu de personnes ou de groupes différents socialement, culturellement ou encore de nationalités différentes. La mixité sociale fait donc se rencontrer les différences qui peuvent exister entre les groupes d’individus (cf : post sur la différence à travers le pluralisme).

La mixité est considérée comme un remède aux malaises des villes actuelles. Alors pour remédier à cette situation les politiques mettent en place des lois… Comme la LOV (loi d’orientation pour la ville) ou loi « anti-ghetto ». Le but de cette loi est de lutter contre la tendance à la concentration de l’habitat social dans certains quartiers ou dans certaines communes. Dans son article premier la loi proclame l’existence d’un « droit à la ville » définit comme le droit pour les habitants à « des conditions de vie et d’habitat favorisant la cohésion sociale et de nature à éviter ou à faire disparaître les phénomènes de ségrégation ». L’existence de ce nouveau droit oblige l’Etat et les collectivités locales « à diversifier dans chaque agglomération, commune ou quartier les types de logement, d’équipement et de service ». (L’article 2 indique que la politique de la ville fait partie intégrante de la politique de l’aménagement du territoire. L’article 3 proclame que la réalisation de logements sociaux est d’intérêt national. L’article 4 prévoit l’organisation d’une concertation pour les projets qui n’y sont pas déjà soumis par l’art. L.300-2 CU. (cf : http://www.legifrance.gouv.fr))

Donc il y aurait besoin de lois pour faire accepter les différences et créer la mixité, puisqu’elles ne seraient pas acceptées autrement. Mais les lois sont-elles suffisantes ?

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(loi SRU, solidarité et renouvellement urbain, pour créer du logements social dans les communes rurales)

Alors, que faire pour supprimer (utopie) ou en tout cas diminuer (réalité) ces différences socio-spatiales ? Il faut trouver les solutions pour créer la mixité entre les différentes populations, réunir les différences sociales dans les mêmes espaces. Sans tomber dans le politiquement correct qui n’a jamais marché ou la mixité sauvage organisée sans réflexion ni sociologique ni urbaine. L’exemple de la Rouvière peut donner des clés comme développer de l’attraction dans ces grands ensembles, faire émerger une économie nouvelle de quartier. Limiter la ghettoïsation en utilisant la mixité sociale et économique des villes… Dans un premier temps, parce que Rome ne s’est pas fait en un jour, on suppose qu’il faut habituer les comportements, préparer les nouveaux rapports sociaux et les potentiels conflits existant qui peuvent être exacerbés dans ces espaces. Et puis il ne faut pas perdre l’idée d’identité propre créée dans les quartiers qui apportent une certaine stabilité aux populations qui y vivent. Beaucoup de paramètres entre en jeu dans l’organisation d’une mixité.

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Les différences sociales apportent le brassage nécessaire à une cohésion sociale. L’idée d’un brassage n’est pas nouvelle. Charles Fourier prônait déjà dans son phalanstère la présence de différentes catégories sociales soigneusement répertoriées pour former le socle d’un nouvel Etat. François Miron déclarait il y a quelques siècles : « il n’est pas bon que dans la cité, tous les gros et dodus soient au même endroit ». Il y a aussi une action à mener au niveau du territoire, en arrêtant de faire des centres-villes des espaces muséifiés, et les banlieues, des espaces secondaires et sans valeur. Il faut donc repenser une urbanisation des villes et des périphéries en prenant en compte les aspects sociaux de chaque groupe d’individus.

Aurore Guiset, Pablo Salinas, Nika Urbic

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