Catégorie: Villages métropolitains

D’autres villages parisiens…

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Belleville. Belle ville. Une population de diverses origines se réunit dans ce hameau d’ouvriers, d’artisans, etc. qui fait face aux quartiers du Paris d’Haussmann, beaucoup moins populaires.

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Olympiades. 19 000 logements répartis sur 55 tours posées sur une dalle et hautes d’une centaine de mètres. Rien ne ressemble à un village campagnard mais c’est tout comme : Commerces, crèches, stadium, piscine, patinoire, salle de spectacle, etc. Tous les principaux services sont à proximité des habitants de ce village vertical.

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Bercy. Petit village de commerces au cœur de Paris. Les commerces s’installent dans les chais qui abritaient autrefois le marché vinicole de la Cour Saint-Emilion.

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Convention. Village tranquille fait de petites maisons avec jardins. Il symbolise le quotidien et l’ordinaire.

Mais aussi les Ternes, Menilmontant, Vaugirard, Grenelle, etc.

Manon Bertoïa, Jeanne de la Blanchardière, Estelle Jakubowski, Alice Jaupitre, Alice Villatte

A VENDRE

Type de bien : Ville nouvelle charmante. Façades pittoresques imitation ancienne ville. Mélange d’époques, petits défauts et usures, faux reliefs et faux clocher pour vous faire sentir comme chez vous ! Bonheur assuré ! (prix sur demande)

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(Ville nouvelle d’hiver d’Arcachon)

Manon Bertoïa, Jeanne de la Blanchardière, Estelle Jakubowski, Alice Jaupitre, Alice Villatte

Où sommes-nous ? A Paris ?

Difficile d’imaginer que les avenues chics et élégantes du quartier parisien de Passy étaient autrefois des ruelles villageoises. Ce qui nous apparaît aujourd’hui de riche et coquet tient ses origines d’un vrai petit village pittoresque.

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A l’origine Passy était un village indépendant construit de châteaux ou d’hôtels particuliers agrémentés de jardins. Passy était bordé de parcelles agricoles et principalement viticoles, puisque l’on sait que la terre y est très fertile pour cette culture. C’est en 1860 qu’il devient un quartier de la capitale mais conserve son caractère villageois. Si Passy a rejoint la ville de Paris c’est tout simplement suite aux problèmes d’embouteillages au niveau de la barrière de l’Etoile en direction du bois de Boulogne. Haussmann proposa donc d’agrandir la place de l’Etoile, telle que nous la connaissons aujourd’hui, et pour cela, il fallait utiliser des terrains appartenant à Passy et Neuilly. Le projet fait suite à l’annexion de Passy, Auteuil et des Ternes.

En 1859, le ministre de l’intérieur déclare : « La population installée dans la zone intermédiaire ne doit son existence et sa prospérité qu’à Paris. Ces communes doivent donc supporter les charges et les dépenses de toute nature qui sont imposées à la ville dans l’intérêt commun. »

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Tiens, si nous allions nous balader… à Paris ! Sur les traces des moines qui se sont installés sur les terres de l’ancien village de Passy, à la fin du XVème siècle, séduis par la vue sur la capitale et la fertilité de la terre. Les bourgeois les ont suivi pour les mêmes raisons. Passy est comme cela devenu un petit village de charme, un quartier pittoresque aux portes de la ville de Paris.

Aujourd’hui les rues ont conservé leurs pavés, les terrasses leurs fleurs et le quartier ses espaces verts. La vie de famille y est presque idéale autour du Parc de Passy. Dans la rue Berton nous ne nous sentons plus à Paris. La ruelle et sinueuse et pavée, les maisons (Et oui ! Dans ce petit bout de la capitale nous ne parlons pas d’immeubles de logements mais de maisons) ont des volets colorés. Tout est là pour nous rappeler le charme d’autrefois. « L’église, au centre du village, achève de parfaire le décor ! » Mais attention, nous ne sommes pas dans un décor, il s’agit bien d’un ancien petit village !

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Les charmants petits villages de Passy et d’Auteuil sont aujourd’hui un numéro parmi les 20 arrondissements parisiens.

 

Hubert Démory, Auteuil et Passy : de la Révolution à l’Annexion

 

Manon Bertoïa, Jeanne de la Blanchardière, Estelle Jakubowski, Alice Jaupitre, Alice Villatte

Le petit village par Emile Zola

 » Où est-il, le petit village ? Dans quel pli de terrain cache-t-il ses maisons blanches ? Se groupent-elles autour de l’église, au fond de quelque creux ? ou, le long d’une grande route, s’en vont-elles gaiement à la file ? ou encore grimpent-elles sur un coteau, comme des chèvres capricieuses, étageant et cachant à demi leurs toits rouges dans les verdures ?

A-t-il un nom doux à l’oreille, le petit village ? Est-ce un nom tendre, aisé aux lèvres françaises, ou quelque nom allemand, rude, hérissé de consonnes, rauque comme un cri de corbeau ?
Et moissonne-t-on, vendange-t-on, dans le petit village ? Est-ce pays de blés ou pays de vignobles ? À cette heure, que font les habitants dans les terres, au grand soleil ? Le soir, au retour, le long des sentiers, s’arrêtent-ils pour voir d’un coup d’œil les larges récoltes, en remerciant le ciel de l’année heureuse ? »

… la suite   http://short-edition.com/classique/emile-zola/le-petit-village

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Que devient le village si il vient à être découvert ? Si paisible et si calme, peut-il survivre à la célébrité ? Nous sommes heureux loin de la civilisation. « Qu’il regrettera alors ses rives solitaires, ses paysans ignorants, son coin perdu, si loin des hommes, connu seulement des hirondelles qui y revenaient à chaque printemps ! Souillé, honteux, avec son ciel empli d’un vol de corbeaux, et ses terres grasses puant la mort, il vivra éternellement dans les siècles, comme un coupe-gorge, un endroit louche où deux nations se seront égorgées.
Le nid d’amour, le nid de paix, le petit village, ne sera plus qu’un cimetière, une fosse commune, où les mères éplorées ne pourront aller déposer des couronnes. »

Manon Bertoïa, Jeanne de la Blanchardière, Estelle Jakubowski, Alice Jaupitre, Alice Villatte

Villagexpo, « nous sommes une transition entre la densité excessive de l’ensemble urbanisé et la campagne qui est à notre portée. »

Villagexpo, « nous sommes une transition entre la densité excessive de l’ensemble urbanisé et la campagne qui est à notre portée. »

Au Sud de Paris, à Saint Michel-sur-Orge, Villagexpo fait face à un contexte de questionnement sur les conditions de l’habitat collectif au sein des grands ensembles, dans les années 80. La recherche se porte sur une nouvelle forme d’habitat qui serait un intermédiaire permettant aux grandes agglomérations de « s’aérer » tout en gardant une proximité.

C’est alors l’occasion pour une centaine de ménages de la classe moyenne de bénéficier des atouts de l’habitat individuel sans mettre de côté les avantages communautaires de l’habitat collectif. Villagexpo propose à ses habitant d’habiter à la fois en ville et en campagne ! L’habitat est basé sur l’idéal d’un retour au village, c’est à dire qu’il privilégie la proximité de la nature. Villagexpo c’est habiter à une autre échelle à un autre rythme !

Pour cela, l’organisation du plan-masse de villagexpo se fait sur un découpage des maisons en « hameaux » qui se greffent autour d’un centre, un grand espace vert. Ceci est possible puisque nous ne sommes pas au cœur d’une densité ou au sein de logements collectifs dense. La volonté est celle de donner l’image d’un village. Le cœur vert est évidemment là pour rappeler le « green » des villages traditionnels. Cette place est un lieu de communauté ! Elle est partagée par les habitants du quartier, elle est un lieu de vie. Il est alors assez facile d’imaginer les enfants du quartier s’approprier cet espace qui devient un terrain de jeu animé.

Villagexpo c’est aussi appartenir à un groupe. Dans l’idée de vivre ensemble et de partager, chaque « hameau » réuni une dizaine de maisons d’un même constructeur, ce qui confère à chacun d’eux une identité et renfonce donc ce sentiment d’appartenance à un groupe.
Villagexpo n’est pas autonome. Il ne dispose ni de ses propres industries, ni d’équipement collectif, si ce n’est une école. Aucun commerce ! Cette absence fut alors favorable à la cohésion sociale du village puisqu’une organisation de course collective fut rapidement mise en place. Un habitant nous le confirme, « On ne cherche pas à s’isoler des riverains, mais plutôt à se connaitre et ça c’est approprié au village. Dans un village tout se sait, disons que c’est une collectivité… ici, le voisin on ne l’ignore pas, on le cherche.»

Redonnons à l’homme l’espace vital dont il a besoin !

Manon Bertoïa, Jeanne de la Blanchardière, Estelle Jakubowski, Alice Jaupitre, Alice Villatte

Retour à la rue

« Pour qui construit-on des villes ? Est-ce pour des hommes, est-ce pour des groupes humains, est-ce pour des sociétés animales ? A qui s’adresse-t-on ? Il ne faut pas construire des villes et voir ensuite quels hommes on mettra dedans, mais voir quels hommes existeront et quelle ville il faut construire pour eux. Ceci paraît une évidence ; cependant, dans beaucoup de circonstances, nous constatons que cette évidence est oubliée. » 

Paul-Henry Chombart de Lauwe

Le paradigme de la ville moderne (des années 50) est qu’elle a refusé la rue dans un souci de fonctionnalisme et de rationalisation de la densité de l’habitat – on peut citer Le Corbusier comme figure de proue de cet urbanisme, notamment lors du CIAM de 1950 : « La rue n’est pas hygiénique. Il faut la peindre en blanc, la passer au lait de chaux, éviter les corridors. […] Une ville doit en remplacer une autre. ».

Ce retour à la rue n’est pas seulement un mouvement urbanistique et architectural, il s’appuie également sur la revalorisation de l’habitat et des modes de vie populaires. Cette revalorisation est nourrie des observations de la sociologie urbaine d’après-guerre ayant observé que les quartiers ouvriers qu’on rasait sans scrupule étaient des lieux de fortes solidarités, comme l’affirment Jean-Charles Chamboredon et Madeleine Lemaire (sociologues) dans leur article Proximité spatiale et distance sociale en 1970 : l’homogénéité sociale des quartiers ouvriers organisés autour de rues populaires provoquait des solidarités communautaires positives pour la socialisation et la survie face aux difficultés.

La rue dite « classique » est le support d’une mixité fonctionnelle (commerces, bureaux) qui est considérée comme le fondement de la vie de quartier. On peut citer Jan Gehl, éminent urbaniste spécialiste en anthropologie, à l’origine de la piétonnisation de Broadway (New York,

2007), qui affirme qu’en zone urbaine dense, une activité en appelle une autre tandis que dans les espaces uniquement résidentiels « Nothing happens because nothing happens« .

Par les villageoises : Alices Jaupitre et Villatte, Jeanne de La Blanchardière, Estelle Jakubowski, Manon Bertoïa