Catégorie: Espaces vécus

Les autres lieux de la ville : récit d’une exploration

Petite ceinture

“Ils forment le négatif de la ville bâtie, les aires interstitielles et marginales, les espaces abandonnés ou en voie de transformation. Ce sont les lieux de la mémoire réprimée et du devenir inconscient des systèmes urbains, la face obscure de la ville, les espaces du conflit et de la contamination entre organique et inorganique, entre nature et artifice. (…) De tels territoires sont difficilement intelligibles, et par conséquent aptes à faire l’objet de projets, du fait qu’ils sont privés d’une localisation dans le présent et par conséquent étrangers aux langages contemporains. Leur connaissance ne peut être acquise que par expérience directe; les archives de ces expériences sont l’unique forme de cartographie des territoires actuels.”

Stalker, A travers les territoires actuels.

Don't.

Le franchissement des limites

Limite physique, limite légale. Démarcation entre deux milieux d’indices différents. Un autre type d’espace, qui nécessite la protection. Un espace public, un espace privé. Mais pas seulement. Des espaces abandonnés, désaffectés. Dont la limite est aussi marquée par le temps. Un lieu qui a vécu, à présent considéré inutile. Et cette protection contre le danger, celui qu’on pourrait causer à soi-même. Il s’agit de la petite ceinture de Paris, voie ferrée désaffectée, qui autrefois faisait le tour de la ville. Elle est aujourd’hui amputée, mais une longue partie est encore praticable dans le Sud-Est de Paris.

La première étape de cette exploration fût de repérer l’emplacement approximatif de la petite ceinture. Sur tous les plans, elle apparaît grise, sa présence sur la carte est fantômatique. Seul un repérage sur place permettra d’en trouver les accès.

Seconde étape, tentatives vaines d’accéder à la voie. La barrière physique est efficace, la limite bien palpable! Les murs qui entourent cette voie deviennent alors sujet d’une observation accrue, qui s’affûte au rythme de nos pas. Partout, nous tentons de trouver une faille, un verrou cassé, un trou dans un grillage, une entrée dissimulée. Rôdons autour de la voie. Tentons une entrée dans un site de la RATP longeant la voie. Impossible.

Une grille en cache une autre. Et ces panneaux! “Nous vous informons que ce site est placé sous télésurveillance.” Bien sûr la menace de la vidéo surveillance. Ignorer si nous sommes réellement observés, la paranoïa Foulquienne…

Finalement, nous demandons à un “jeune” du quartier. Il connaît un passage, nous fait pénétrer et nous indique une autre sortie, à environ un kilomètre vers le Sud.

L’exploration

Vient alors l’exploration des lieux. Suivons la voie ferrée dans un sens, de toute manière, seulement deux options… Le calme qui y règne. La neige assourdit les sons. Partout, la nature a repris ses droits. Nous sommes pourtant encore dans la ville. Ce qui est d’ailleurs surprenant, c’est le contraste entre le calme du lieu, et l’espace qui le borde. Plusieurs fois, nous avons traversé des ponts au-dessus de rues ou d’avenues. Nul ne semble nous apercevoir, d’ailleurs, personne ne lève les yeux vers ce lieu oublié, devenu invisible.
En réalité, des traces marquent un réinvestissement officieux de cet endroit. Partout, des tags, sur toutes les surfaces lisses, des signatures. Je me remémore les paroles du garçon “Il faut pas aller d’ce côté-là [vers le Nord], y’a un tunnel où il se passe des trucs bizarres ; dans les années 90, des skins et des gangs se réunissaient là-bas le soir”. La vue de ces tags, de cadavres de bières abandonnées, et de traces de pas confirment cette vie dans d’un espace presque parallèle à la ville, qui ne figure pas dans notre géographie mentale, dont on ne parle jamais.

Au loin, Paris

Le froid commence alors à nous ronger le visage, il me semble que nous avons dépassé la sortie indiquée par le garçon. Comment sortir de cet endroit? Nous continuons sur environ cinq cents mètres, peut-être plus. Tout en marchant, nous sondons les côtés de la voie, à la recherche d’une nouvelle faille. Finalement, à la sortie d’un pont, dissimulé par des branchage, un escalier. La fin de l’escalier est condamnée par quelques planches pourries, que d’un geste mou nous poussons. Un squat, quelques matelas, des journaux, abrités par le pont, dissimulé par des déchets et un grillage. Escaladons le grillage raisonnablement haut. Retour à la ville connue. Elle paraît terriblement agitée, le bruit qui nous parvenait là-bas comme un murmure lointain nous envahit. Retour à la foule, retour à la présence humaine, envahissante, presque dérangeante. Nous n’avons aucune idée d’où nous nous trouvons.



La  petite ceinture

Louise Deguine  / Amaury Lefévère / Laurane Néron

Publicités

Les autres lieux de la ville : Non-lieux de Marc Augé.

Avant d’évoquer la notion de « non-lieux » que Marc Augé nous donne à lire, il convient de définir ce qu’est un « lieu ». Avant de lire l’ouvrage d’Augé, j’avais en tête la petite histoire du pont racontée par Heidegger dans Bâtir, habiter, penser. Heidegger nous dit : « Le lieu n’existe pas avant le pont. Sans doute, avant que le pont soit là, y a-t-il le long du fleuve beaucoup d’endroits qui peuvent être occupés par une chose ou une autre. Finalement l’un d’entre eux devient un lieu et cela grâce au pont. Ainsi ce n’est pas le pont qui d’abord prend place en un lieu pour s’y tenir, mais c’est seulement à partir du pont lui-même que naît un lieu. » Je me rappelais aussi le genius loci, ou esprit du lieu, dont la compréhension est la clé du travail d’architecture selon Norberg-Schulz : « Un lieu est un espace doté d’un caractère qui le distingue. Depuis l’Antiquité, le genius loci, l’esprit du lieu est considéré comme cette réalité concrète que l’homme affronte dans la vie quotidienne. Faire de l’architecture signifie visualiser le genius loci : le travail de l’architecte réside dans la création de lieux signifiants qui aide l’homme à habiter. » Enfin, j’étais intrigué par la poésie du mot « lieu » en français, qui a donné lieu a tant d’expressions : on dit que quelque chose « a lieu », ou encore « tient lieu de », on parle aussi de « lieu-dit », ou de « haut-lieu »…

Le lieu dont parle Augé est un « lieu anthropologique », « construction concrète et symbolique de l’espace qui ne saurait à elle seule rendre compte des vicissitudes et des contradictions de la vie sociale mais à laquelle se réfèrent tous ceux à qui elle assigne une place, si humble ou modeste soit-elle. […] autant de lieux dont l’analyse a du sens parce qu’ils ont été investis de sens, et que chaque nouveau parcours, chaque réitération rituelle en conforte et en confirme la nécessité. » Selon Augé, ces lieux ont « au moins trois caractères communs. Ils se veulent identitaires, relationnels et historiques ». En effet, le lieu où je nais, celui où j’habite (que j’habite) sont constitutifs de mon identité. Si plusieurs personnes ne peuvent se trouver en même temps à la même place, ils peuvent partager un lieu, qui est alors le cadre concret de leurs interactions. Enfin, le lieu anthropologique est historique en ce qu’il « se définit par une stabilité minimale », qui permet d’en comprendre les codes, les signes.

Dès lors, Augé définit un non-lieu comme l’exact opposé du lieu anthropologique, c’est-à-dire comme un espace ni identitaire, ni relationnel ni historique. Il évoque les moyens de transport (avions, bateaux, voitures…), les échangeurs autoroutiers, les zones duty-free des aéroports, les hyper-marchés, etc.

Augé nous invite à voir comme l’emploi du terme « espace » s’est généralisé : « espace vert », « espace aérien », « espace publicitaire », « Espace Cardin », « Espace 2000 » (fauteuils d’avion), « Renault Espace », etc. Il oppose l’espace abstrait au lieu concret. Qu’est-ce qu’un « espace vert » ? Un jardin, un square, un parc, une forêt ?

Il semble qu’un non-lieu soit en fait un espace dont on a remplacé l’expérience concrète par une abondance de signes et de paroles qui cherchent à le raconter. On ne visite plus les monuments historiques des villages, mais on les contourne en empruntant les grands axes autoroutiers, tandis qu’une série de panneaux nous en signale la présence. Lorsqu’en touriste, nous visitons des villes étrangères, nous accordons souvent plus d’importance à la description qui en est faite dans tel ou tel guide qu’à l’expérience sensible du lieu. Une distanciation s’opère donc entre le voyageur et l’espace qu’il découvre. Augé évoque « une rupture entre le voyageur-spectateur et l’espace du paysage qu’il parcourt ou contemple, qui l’empêche d’y voir un lieu, de s’y retrouver pleinement. »

Enfin, il y a un aspect étonnant des non-lieux qu’Augé nous donne à voir : c’est leur pouvoir d’attraction. A l’aéroport, « le passager ne conquiert son anonymat qu’après avoir fourni la preuve de son identité ». Il devient alors « l’objet d’une possession douce, à laquelle il s’abandonne avec plus ou moins de talent ou de conviction, comme n’importe quel possédé, il goûte pour un temps les joies passives de la désidentification et le plaisir plus actif du jeu de rôle. » En quelque sorte, le non-lieu nous libère en nous proposant d’évoluer (je ne dis pas habiter) dans le cadre d’un contrat qui constitue comme une servitude volontaire. Au contraire, le lieu est non contractuel, il est pesant, par l’histoire dont il témoigne, par les interactions qu’il porte en germe : il nous demande un effort pour l’habiter. On n’habite pas un non-lieu. La sensation de liberté provient d’une d’évanescence, d’une absence. L’impression d’être nulle part, déjà parti mais pas encore arrivé.

Augé ne porte pas de jugement de valeur à propos de ces non-lieux. Mais en tant qu’architecte, que faire de son constat ? Faut-il rejeter en bloc les « non-lieux » et chercher à projeter des lieux, porteurs de symboles et de sens ? Ou y a-t-il une esthétique de ces non-lieux (voire une éthique ?) caractéristique de notre « sur-modernité » et qu’il faut apprendre à voir ? Françoise Choay explique que la ville est condamnée à l’anachronisme puisque les bâtiments demeurent tandis que les codes culturels qui permettraient d’en comprendre les symboles évoluent très vite. Dès lors, n’est-il pas illusoire de chercher à faire une architecture porteuse de signes, de sens ?

Mais F. Choay fonde son analyse sur une vision sémiologique de l’architecture. Or il n’est pas du tout évident que l’architecture se structure comme un langage. Portzamparc nous dit même que l’architecture nous délivre du langage. « Elle établit un autre type de relation au monde, plus archaïque sûrement, mais peut-être aussi plus dense, plus fondamental. »  Faire de l’architecture, se serait alors s’ancrer dans un lieu, et créer un lieu, au sens que quelque chose a lieu, quelque chose se produit, qui possède un espace.

Louise Deguine  / Amaury Lefévère / Laurane Néron

Les autres lieux de la ville : La petite ceinture, antithèse de la ville au cœur de la ville.

 Notre questionnement sur les « autres lieux » nous a amené à nous intéresser à cet espace qui semble être quasi désert alors qu’il est au cœur de la métropole parisienne. En regardant vers ses origines et grâce au travail d’un jeune photographe parisien, nous proposons de voir comment cet espace a pu se constituer en une sorte d’antithèse de la ville.

La genèse d’un espace résiduel

Les origines de la petite ceinture remontent à la deuxième moitié du XIXe siècle. Le développement du chemin de fer, et en particulier des lignes radiales au départ de Paris entraine la multiplication des grandes gares terminales (St Lazare, Austerlitz…). Ces aménagements revenant à des compagnies privées, aucun plan d’ensemble n’est envisagé pour l’interconnexion des gares, si bien que la ville devient un point de rupture de charge, les voyageurs devant emprunter une voirie urbaine déjà bien encombrée pour transiter entre les dix terminus ferroviaires.

L’Etat décide alors la construction d’une ligne de chemin de fer ceinturant Paris à l’intérieur des boulevards des Maréchaux. En plus de relier les grandes gares entre elles, cette ligne a la vocation stratégique d’assurer l’approvisionnement des nouvelles fortifications construites à partir de 1841 (Enceinte de Thiers), aussi bien en hommes qu’en ravitaillement ou en armement. La construction de l’infrastructure débute en 1852 pour s’achever en 1869. Elle forme alors une boucle de trente-deux kilomètres de long.

La guerre franco-prussienne (1870) démontre l’intérêt de cette ligne (huit cent mille hommes de troupes transportés en six mois), mais aussi ses limites avec son manque de capacité, ce qui mènera à l’aménagement en périphérie de la Grande Ceinture en 1877.

Face à la concurrence croissante du métropolitain, le trafic voyageur décline et la ligne est désaffectée au trafic de voyageurs en 1934. Laissée en friche, elle est progressivement murée, grillagée, quand elle n’est pas tout simplement amputée d’une partie de ses voies ferrées. Seul vingt-trois des trente-deux kilomètres originels subsistent de nos jours.

Cet espace ne possède aujourd’hui plus aucune fonction propre. On pourrait à première vue penser qu’il est complètement déserté, inhospitalier. Pour autant, ceux qui l’arpentent ont pu constater le contraire.

Enquête sur les « inhabitants » de la petite ceinture

Nos recherches sur cet « espace résiduel » nous ont aiguillés vers le blog du jeune photographe BBKORP (http://bbkorp.com/category/urban-ghosts/) qui arpente depuis plusieurs années cette ancienne ligne.

Nous avons souhaité faire connaitre une enquête qu’il a réalisée et publiée en 2012 dans laquelle il s’intéresse aux « inhabitants » de ce lieu : http://bbkorp.com/2012/12/15/264/.

Arpentant un tronçon de la ligne situé entre la flèche d’or (XXe arrondissement) et Tolbiac (XIIIe arrondissement), le photographe nous fait remarquer la topographie particulière des lieux : tantôt creusée comme une faille dans la ville, tantôt surélevée pour franchir d’autres voies, la petite ceinture s’inscrit dans un rapport d’isolement net de l’urbanité qui l’entoure. Elle est parfois traversée par des ponts, mais toujours les pieds l’évitent, la contournent, comme si la ville l’avait refoulée.

L’accès y est difficile (comme nous avons pu nous en rendre compte lorsque nous nous sommes rendus sur le terrain). Grillages, barbelés, parpaings… la ville a déployé tous les moyens d’évitement dont elle dispose pour isoler cet espace. Pour autant, BBKORP remarque les tôles arrachées, les barbelés découpés, et nous laisse comprendre que cet espace est habité.

Son exploration le conduit jusqu’aux abris de fortune des SDF : tentes, cabanes en planches de bois aménagées sous les ponts. Cette zone se présente comme une « ville antithétique », dans le sens ou toute une population y vit –y survit- en faisant directement face aux conditions rigoureuses de l’environnement extérieur. L’architecture de ces lieux, qui a fait l’objet d’une réappropriation, est loin d’être humanitaire. Si bien que le photographe n’hésite pas à qualifier les habitants de ce lieu inhabitable par le terme « inhabitants ».

Le travail de BBKORP nous confirme la nature « d’autre lieu » de la petite ceinture, au sens Stalkerien du terme. Espace interstitiel, abandonné, imprégné de la mémoire de son passé ferroviaire, il peut aussi être vu comme le « négatif de la ville », la « face obscure de la ville » que Paris semble refouler. Un « négatif de la ville » à plus forte raison qu’il constitue une sorte de « ville antithétique » au cœur d’une métropole de dix millions d’habitants. Si La ville est sensée produire les conditions idéales pour abriter la vie (habitat), son négatif qu’elle renferme et qu’elle refoule héberge a contrario la vie dans les conditions les plus rudes.

Louise Deguine, Amaury Lefévère, Laurane Néron

L’ANTI-SQUAT : ANALYSE CRITIQUE

Nous avons constaté que l’enquêtée apprécie vraiment d’habiter dans un logement anti-squat et porte un regard positif sur l’organisme qui lui loue l’appartement. Cela nous a surpris car nous nous interrogions sur l’impact social d’une telle entreprise. En effet, ces logements normalisent la précarité d’une partie de la population. Il semble difficilement acceptable de louer des logements en sachant qu’ils ne respectent pas les normes de sécurité habituelles. Cela risque de créer une législation à deux vitesses avec des normes moins strictes pour des logements moins chers.

Il nous parait maintenant indéniable que dans le cas de Marie, l’organisme propose un lieu de vie très agréable et qui fonctionne bien. Elle est d’ailleurs très fière de son appartement et de faire partie de l’organisme. Ainsi, notre question sur sa facilité à parler de son logement, que nous avions prévu avant de visiter ce dernier, semblait inadéquate puisqu’elle n’a aucune raison d’avoir honte de celui-ci. L’anti-squat est particulièrement adapté pour les étudiants car ils savent qu’ils ne resteront que le temps de leurs études dans leur logement. Ils ont accumulé peu de meubles et d’appareils électroménagers et sont donc particulièrement mobiles. Pendant leurs études ils apprennent à vivre de manière indépendante et il est donc pratique pour eux de pouvoir expérimenter différents quartiers, des logements de tailles variées ou la colocation. L’habitat temporaire est donc source de richesses plutôt que d’inconfort.

Toutefois si ce système se généralise, notamment à des personnes précaires, il faudra questionner davantage les enjeux de ce type d’habitat. Car finalement, celui-ci implique que les personnes les plus pauvres soient obligées de vivre dans les logements les plus dégradés en attendant qu’ils soient réhabilités pour les plus riches. On retrouve le concept développé par Ernest Burgess et Robert Park dans leur livre The City où les plus riches chassent les plus pauvres vers la périphérie. Cette succession est désormais plus temporelle et moins spatiale. Les plus pauvres récupèrent les restes usés des bâtiments laissés par les plus riches, jusqu’à ce que ces derniers puissent les réoccuper. Le système de l’anti-squat reste toutefois nettement préférable au modèle de la ville concentrique car il permet une mixité sociale. Les bâtiments se dégradant à des rythmes différents, toutes les classes sociales cohabitent dans le même quartier alors que dans le modèle de Chicago, cette cohabitation est accidentelle et ne dure que pendant la phase « d’invasion ».

L’objectif mis en avant par certains de ces organismes est de créer du profit même pendant les phases de chantier. Cette réappropriation du squat par un système capitaliste laisse toutefois perplexe. En effet, les squats ont souvent été le lieu d’expérimentation d’un mode de vie alternatif. Même si ils sont une nuisance pour les propriétaires ils sont aussi un espace de création artistique et d’inventions sociales. La forme d’encadrement à but lucratif que représentent ces entreprises ne risque-t-elle pas de détruire totalement ces modes de vie ? Cette réponse au squat ne devient-elle pas son opposé allant jusqu’à interdire aux occupants de repeindre leurs murs ou d’accrocher des tableaux ?

D’un autre point de vue, nous pouvons dire qu’il rassure les propriétaires contre le squat éventuel, et conséquemment, qu’ils occasionnent moins de dégradations dans ce genre de logements vacants. Il offre à des étudiants ou jeunes travailleurs un espace très confortable, en opposition aux chambres de bonnes parisiennes plus qu’impossible à vivre et très chères pour ce qu’elles valent réellement. Ce paradoxe est à soulever mais comme le dirait Marie, c’est pour elle une réelle fierté que d’avoir habité ces lieux.

Christopher Barri et Rémi Preud’homme

Le logement anti-squat à Amsterdam : Portrait d’une habitante temporaire

Se loger dans les édifices libres permet de maintenir une densité importante et l’occupation des friches urbaines évite l’étalement urbain. Ce système apporte une nouvelle manière de planifier la ville en prenant mieux en compte les phases de chantier ou d’attente de projets. Limiter l’inoccupation revient finalement à réduire les dégradations dues à l’humidité qui s’infiltre ou celles liées au froid. De plus, l’anti-squat permet de faciliter la réhabilitation. Laquelle est aujourd’hui particulièrement importante pour limiter le gaspillage des matières premières et de l’énergie grise permettant leur production. L’anti-squat pourrait aussi accélérer la mise aux normes BBC du parc existant avec un coût économique moindre.

Marie S. travaille depuis la fin récente de ses études. Elle habite depuis 6 ans à Amsterdam où elle a réalisé ses études d’ergothérapie. Nous avons choisi d’organiser notre interview de manière chronologique pour mieux comprendre son parcours :

I)  Son parcours avant de vivre à Amsterdam

II)  Comment a-t-elle connu l’association

III)  Sa vie dans l’appartement et ses projets futurs

SON PARCOURS AVANT DE VIVRE A AMSTERDAM

D’où venez-vous ? Pourquoi êtes-vous venue vivre à Amsterdam ?

Marie S : « En France, je vivais à Argentan, en Basse-Normandie,  je suis ensuite partie vivre à Amsterdam pour mes études d’Ergothérapie et également pour les qualités multiples qu’offre la ville. Je l’apprécie particulièrement, étant hollandaise d’origine. »

Pouvez-vous nous décrire votre « parcours-logement », ainsi que ce qui vous a amenée à connaître l’organisme d’« anti-squat » ?

M.S : « À mon arrivée à Amsterdam, j’ai, dans un premier temps logé dans des appartements dédiés aux étrangers et rapidement, une amie m’a fait part d’une proposition pour aller vivre dans un complexe de bureau où un emplacement était vacant.  Par son intermédiaire j’ai pu m’y installer. Depuis mon entrée dans l’organisme, j’ai changé plusieurs fois de lieux et j’ai vécu dans des logements divers. »

L’ORGANISME ZWERFKEI

 « Comment fonctionne cet organisme ? Quels rapports entretient-il avec les propriétaires de biens vacants?

M.S : «Zwerfkei s’occupe de nombreux  logements inoccupés à  Amsterdam et ses environs. Il y en a beaucoup en Hollande. Lorsque personnes n’y habitent, ils peuvent être squattés et dégradés. Pour éviter ça, il y a une loi qui permet de  les louer temporairement. Les immeubles, les usines, les  maisons ou autres,  peuvent être loués par des gens. C’est une forme de gardiennage. Les propriétaires sont rassurés, leurs propriétés ne sont pas squattées, en contrepartie, on en prend soin et on profite de leurs logements. Tout le monde y gagne.

Quelles sont les conditions d’attribution et la durée d’attente pour obtenir un logement ?

M.S : « Malgré les conditions parfois difficiles, le  concept d’ «anti-squat» est tellement sollicité que l’unique façon d’entrer dans l’organisme est de bénéficier d’un parrainage. Ils n’acceptent que des gens « clean », bien recommandés et uniquement si un logement vacant peut leur être proposé pour éviter l’accumulation de demandeurs. Ensuite, une fois entré, les personnes de l’organisme peuvent venir contrôler les logements pour savoir si l’entretien est fait, si tout se passe bien, si les règles sont respectées, et les placements d’attributions sont adaptés. Au plus le logement et les règles sont respectées, plus les propositions ultérieures sont attractives. En faisant partie de l’organisme, c’est deux semaines d’attente, mais quand on veut faire partie de l’organisme pour la première fois, c’est presque impossible car il y a trop de demandes en attente. »

Avez-vous le choix de votre logement ou vous est-il imposé par l’organisme ?

M.S : « Chaque membre de l’organisme ne peut refuser que deux fois une location  sous peine d’être « viré » de celui-ci, mais refuser un bien est un risque, car ils peuvent ne pas en retrouver d’autres en remplacement ; Il vaut mieux ne pas refuser et avoir peu de critères de sélection pour s’assurer d’avoir un logement. »

Les offres qui vous sont proposées le sont dans un milieu rural ou citadin ?

M.S : « Citadin, mais il existe également des fermes louées à  des photographes ou des musiciens qui, dans le cadre de leur travaux, ont des besoins de locaux spécifiques, l’organisme ne gère pas forcément que de l’hébergement, mais aussi des activités professionnelles. »

Puisque certains logements sont loués en attendant d’être réhabilités, quelles normes en vigueur doivent-ils satisfaire (incendie, sanitaire, confort, handicapées…)?

M.S : « L’organisme n’est garante d’un accès direct aux commodités et de la décence des biens qu’elle propose à la location temporaire. »

Comment sont les logements proposés ?

M.S :  «En général, il s’agit d’appartements, d’écoles ou de bureaux vacants. Une amie, qui m’a fait découvrir l’organisme occupe actuellement un logement dans une école, sa douche est une douche de chantier, mais au rez-de-chaussée, il y a un énorme gymnase vide, auquel elle a accès libre. Actuellement elle y partage une cuisine, mais elle a déjà vécu dans un logement «anti-squat » où il n’y avait ni gaz, ni électricité, que de l’eau ! »

Quelles sont ses règles d’occupation? Les logements peuvent-ils être partagés par plusieurs locataires ?

M.S : « Quand on occupe un logement «anti-squat», les premières règles sont d’être propre et flexible ; ensuite on n’a pas le droit d’y mettre des tableaux, de refaire la peinture ou encore le parquet ; il ne faut rien changer à l’intérieur du logement pour pouvoir le faire visiter à tout moment dans l’état où on nous l’a proposé. On sait tous qu’il ne s’agit que d’une occupation provisoire, par exemple, dans le cas d’occupation d’une maison à vendre, l’organisme peut exiger le départ des locataires pour une visite. Pour ce qui est du nombre d’occupants, il peut y avoir plusieurs locataires sur un même produit immobilier, cela dépend du type de biens mis à disposition, de l’espace habitable, des accès aux commodités. Il peut s’agir d’une location individuelle ou d’une colocation.»

Qui paye les consommations d’eau et d’électricité ?

M.S : « Cela dépend aussi du type de bien occupé, s’il s’agit d’un appartement ou d’une maison, c’est au locataire de régler ses propres consommations d’électricité et d’eau, en revanche si le logement est au sein d’une école par exemple, occupée et partagée entre plusieurs locataires c’est à l’organisme de gérer ce type de frais et d’en tenir compte dans le total des charges à payer. »

Pouvez-vous voyager quand vous occupez ce type de logement ?

M.S : « Oui mais par exemple, pour un départ de deux mois, il faut d’abord prévenir l’organisme, puis trouver une personne qui garde la maison à sa place et puisse déménager toutes ses affaires pendant cette période si le logement doit être quitté. Par contre, si on est parti en voyage, ils ne préviennent plus s’il y a des visites chez soi, tout le monde rentre comme il veut dans son logement, ce qui est parfois embêtant. »

Quel temps en moyenne restent les locataires dans ce type de logements ?

M.S : « Puisqu’il s’agit d’une location provisoire, cela dépend des besoins du propriétaire. Certains appartements sont mis à disposition avant d’être rénovés, d’autres en attente d’être vendus, donc la temporalité des différentes propositions est très variable d’une location à une autre. S’il fallait faire une moyenne générale, je dirais un an environ.»

Quelles sont les modalités de départ ? Combien de temps à l’avance êtes-vous prévenu d’un éventuel relogement ?

M.S : « Pour les déménagements, on sait qu’on doit quitter les lieux, un mois à l’avance, et deux semaines avant le départ, il faut contacter l’organisme pour trouver alors, ou non une offre de relogement. »

 Quels sont les avantages de ce type de logements ? Et à quels publics sont-ils destinés

M.S : « C’est vraiment mieux pour des étudiants qu’un appartement « classique », puisqu’on peut ne payer que 100 euros par mois et par personne à l’organisation pour un logement, ce qui est très raisonnable et adapté au budget faible de l’étudiant. Mais ce n’est pas uniquement destiné aux étudiants, également aux jeunes travailleurs, je connais d’ailleurs des personnes âgées de 35 ans qui y vivent encore. Mais c’est plus dur pour eux, parce que quand ils travaillent, ils n’ont pas forcément le temps de déménager tous les deux mois, c’est là où se trouve la limite du concept d’ « anti-squat », il faut être disponible. »

 Connaissez-vous d’autres locataires de ce type d’organisation ?

M.S : «  Oui beaucoup d’autres, tout le monde veut être dans l’organisation mais seulement 40% d’entre eux sont vraiment fait pour le concept « anti-squat ». Il y a plusieurs organismes « anti-squat » à Amsterdam ; Ce qui est intéressant, c’est que les squats sont maintenant interdits et l’expulsion des squatteurs est accrue ; plutôt que de laisser les maisons libres, les propriétaires préfèrent passer par des organismes d’ « anti-squat » qui du coup sont de plus en plus nombreux.

PARCOURS PERSONNEL

Cet appartement, que vous occupez actuellement, est-il le premier occupé grâce à l’organisme ?

M.S : « Non, il s’agit du cinquième. »

 Combien de temps avez-vous occupée chaque lieu ? Viviez-vous seule ou en colocation ? 

M.S : « J’ai occupé mon premier logement « anti-squat » durant six mois au sein d’une colocation de 7 personnes dans un énorme bureau. J’ai été seule pour les deuxième et troisième logements, que j’ai occupé respectivement pendant un an et trois ans. Enfin, je suis en couple depuis que j’occupe le quatrième logement. Celui-ci a particulièrement été dur, puisque je ne l’ai occupé que pendant deux mois. Après seulement deux mois, on vient juste de s’habituer au logement, le déménagement est récent, et on doit déjà le quitter. J’occupe mon logement actuel depuis maintenant trois mois. La vie de couple est préférable dans ce type de logements car les offres proposées alors sont généralement surclassées et plus calmes.»

 Avez-vous du rencontrer les propriétaires de ces logements avant d’emménager ?

M.S : « Non, l’organisme s’est occupé de tout. »

 Qu’en était-il de la surface de ces derniers logements ? Etaient-ils grands ? Qu’en est-il aujourd’hui ?

M.S : «Oui, ils ont toujours été très grands, celui que j’occupe actuellement fait 90m2»

 Comment se compose votre logement actuel ?

M.S : « On entre par un hall très grand. Ensuite il y a le salon qui donne sur la rue par ce bow-window. Au fond il y a la chambre et la cuisine qui s’ouvrent sur le Jardin. »

 Que représente pour vous le jardin ? Est-il un « plus » significatif ?

M.S : «  Il ne représente pas grand-chose dans mon quotidien, vu que je ne sais pas quand je partirai de ce logement, je ne veux pas perdre de temps à l’entretenir. »

Pouvez-vous aménager votre logement selon vos envies ?

M.S : « Oui, un peu, du moment que je ne touche ni aux murs, ni aux sols.»

Pouvez-vous y inviter des amis ?

M.S : « Oui, mais je ne peux pas y organiser de fêtes. »

Combien payez-vous par mois pour ce logement ?

M.S : « Je paye actuellement 100 euros à l’organisme ainsi que mes consommations électriques.»

Qui paye le loyer, vous ou un tiers ?

M.S : « Je paye moi-même cette somme tous les mois »

A quelle distance se trouve votre lieu de résidence de votre lieu de travail actuel ?

M.S : « Mon logement se trouve à 20 min à vélo de mon lieu de travail. »

Qu’est-ce qui vous rattache alors à un lieu, à votre habitat ? Aimez-vous votre quartier ?

M.S : « J’adore mon quartier ! Si on s’attache au quartier, on s’adapte au logement, mais si la maison est sale, mal entretenue de base, comme celle que j’ai occupée pendant trois ans, où je n’osais y inviter personne, c’est difficile. Pour s’attacher au lieu et bien se l’approprier, il faut qu’il soit un minimum vivable. »

Parlez-vous facilement de votre type de logement autour de vous ?

M.S : « Oui j’en parle facilement puisque c’est légal ! »

 Ce logement a-t-il modifié votre façon d’habiter ? Qu’avez-vous appris de cette expérience ?

M.S : « Oui, dans notre logement actuel, on a mis un tapis « cheap », on a de jolis meubles, mais pas trop parce qu’on déménage souvent, et surtout, nous sommes tenus d’entretenir le logement afin de satisfaire aux critères de l’organisme. On a appris à vivre au jour le jour du fait du risque de déménagement précipité. Enfin, on a surtout appris que 90m2 pour 100 euros par personne seulement, c’est du luxe et que pour ça nous ne devons pas nous plaindre des critères stricts de l’organisme, nous avons de la chance. »

Combien de temps espérez-vous vivre dans un logement de ce type ? Pensez-vous un jour abandonner ce style de vie ?

M.S : « Je ne sais pas, je pense que je voudrai un jour abandonner ce style de vie pour avoir une vie plus stable ; l’« anti-squat » est pénible parfois pour ça, déménager tous les deux mois, c’est difficile pour entreprendre quelque chose. Pour mon copain,  ce style de vie pose parfois problème, on ne peut pas se projeter. »

Recommanderiez-vous cette organisme et cette façon d’habiter temporairement à vos amis ?

M.S : «  Oui, évidemment. »

Pensez-vous que ce modèle est applicable à d’autres pays ?

M.S : «  Oui, et il l’est déjà dans de nombreux pays ! »

Qu’avez-vous pensé de l’interview ?

M.S : «  C’est toujours très intéressant de faire partager cette expérience à des gens qui n’en avaient pas connaissance ! »

RETOUR SUR INTERVIEW

Il nous a paru intéressant d’observer comment les habitants s’approprient un lieu de manière transitoire. Questionner ces modes d’appropriation pour des logements temporaires est porteur de projets, dans un monde où la mobilité est de plus en plus importante. Habiter temporairement un lieu, c’est faire du bâtiment une structure capable d’abriter des programmes pouvant changer de nature et d’échelle. Cela crée des frictions entre l’espace et la manière d’habiter celui-ci. Parfois l’adaptation se fait simplement comme dans le cas de Marie S. ; d’autres fois l’espace est plus difficilement appropriable, comme pour le cas d’une amie de l’enquêtée qui loge dans 150m2et qui a du mal à occuper entièrement l’espace.

Christopher Barri et Rémi Preud’homme

La cohabitation : le logement de demain ?

Aujourd’hui la notion d’habitation  tend à se transformer en cohabitation. Cette nouvelle définition de la vie au sein du logement permet de répondre u caractère social, et économique de la société actuelle.

 

La cohabitation est en train d’apparaitre dans la pensée actuelle. Pourtant depuis bien longtemps, la notion de cohabitation ou de partage de son logement est réservée aux étudiants sans grandes ressources financières. La société actuelle pousse à l’individualisation du logement, fabriquant ainsi sa sphère personnelle dans un lieu qui nous est propre. Notre étude sur ce sujet nous a révélé que cet individualisme dans l’habitat est encore trop fort dans la pensée de la société. Pour un grand nombre de personnes interrogées il n’est tout pas encore envisageable de partager son « chez-soi » avec un étranger. La raison à cela ? La sphère privée : Chaque individu doit disposer dans son logement d’une intimité. Le partage n’est pour autant pas un frein à l’intimité si dans sa conception de l’habitation celui-ci intègre cette notion dès sa phase de conception.

 

De plus, la question de la limitation de l’étalement urbain contraint les villes d’aujourd’hui. Il faut repenser l’habitat et donc la définition même de vivre dans ce logement. Comment régler le problème de place ? La cohabitation répond à cette problématique, sans oublier le fait de préserver au sein même d’un logement mixte ( aussi bien intergénérationnelle, que partagé ) la notion d’intimité et de privé.

 

Bien plus qu’une cohabitation, c’est une mutualisation des fonctions qui est en train d’apparaitre dans notre société. Un nouveau mode de vie, initié par les grands patrons au XIXe siècle. Jean Baptiste Godin avait mis en place dans son Familistère, à Gise, cette notion de cohabitation et de mutualisation des services : l’ouvrier travaillait, se cultivait et s’épanouissait sur un même lieu. Bien qu’un peu caricatural, ce type de bâtiment permettait, un entre aides et un partage. Luttant contre l’isolement et l’abandon, et fabriquant une micro société où chacun veille sur l’autre.

 

Il nous a semblé important de regarder cette notion de cohabitation et de redéfinition des critères du logement de demain.

 

Adrien Marty – Vincent Trescartes – Paul Berthelot

La cohabitation : 3 – Vers un phénomène de société solidaire et intergénérationnel

Dans les grandes villes d’aujourd’hui, la tendance va à la densification et les logements étudiants se font de plus en plus rares. 

Les étudiants en recherche de logements à petit budget font face à la dure loi de l’immobilier et à la pénurie de l’offre. 

 

Pour contrer cela, un système de collocation intergénérationnelle va être mis en place et défendu par des association puis par une charte appelée « un toit, deux générations » mise en place par le ministère des solidarités, de la santé et de la famille. Ce principe propose une collocation entre un étudiant et une personne âgée, permettant au jeune de bénéficier d’un logement décent pour un loyer relativement bas. La personne âgée va également tiré bénéfice de celle collocation, en effet les personnes participant à ce partage sont généralement des gens en situation de solitude, âgé(e)s et éloigné(e)s de leur famille. La collocation va leur apporter une présence, une personne avec qui échanger, mais aussi bien souvent une aide car le jeune va participer la vie domestique : préparation de certains repas, un peu de ménage, les courses…

Ce procédé as été largement critiqué à ses débuts car on le jugeais immoral, cependant les mentalités ont changés car il s’agit avant tout d’une cohabitation humaine, solidaire, basée sur l’échange plus que sur l’aspect financier.

 

Le principe de la collocation intergénérationnelle permet aux personnes âgées de poursuivre leur vie « humainement », en restant chez eux au lieu d’être placé en maison de repos. En effet, la présence d’un colocataire va rassurer la personne agée en cas de malaise ou de tout autre besoin d’assistance. L’étudiant sera là pour l’aider ou appeler des secours en cas de besoins, ce qui évite le recours à une présence médicale spécialisée permanente.

 

Ce principe de collocation est mis en scène dans le film « A deux c’est plus facile » d’Emilie Deleuze, dans lequel Michel Galabru interprète une personne âgée participant au programme de collocation intergénérationnelle. Au début personnage renfermé sur lui même et vivant dans une certaine autarcie, le retraité va redécouvrir les bienfaits de la vie en communauté, l’étudiante qui partage son toit lui chamboule quelque peu ses habitudes, lui fait comprendre inconsciemment de ce à côté de quoi il passe en restant enfermé sur lui même et lui redonne alors un peu de joie et de motivation dans la vie.

 

Bien que difficile à mettre en place car nécessitant une importante organisation préalable , de nombreux entretients, afin de s’assurer de la bonne foi des participants pour qu’il n’y ai aucun risque, la collocation intergénérationnelle peut être enviseagé comme l’une des solution à la crise du logement étudiant ainsi qu’a l’isolement et la solitude des personnes agées.

 

Adrien Marty – Vincent Trescartes – Paul Berthelot