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La différence, connaître et accepter à travers le(s) voyage(s) ?

Qualité essentielle qui distingue entre elles les espèces du même genre (CNTRL)

C’est déjà être soi, un individu ayant sa place dans l’espace notamment public (lieu des rencontres autres que l’entourage), parmi d’autres individus qui n’ont pas la même couleur de peau, la même culture, la même religion, le même mode d’habiter (relation à l’espace), etc…

La différence forme l’ensemble hétérogène qui participe à l’enrichissement de chacun et des différents groupes. La différence c’est aussi accepter l’autre comme un égal qui apporte autre chose que ce que nous sommes, savons, faisons, pensons en nous complétant.

Le voyage permet de voir et de prendre conscience des différences, pas le voyage touristique parce qu’il ne montre qu’une partie superficielles mais l’immersion dans l’espace des autres. Le voyage, parce que dans un même pays il y a beau y avoir des différences, les individus ont tout de même un fil conducteur qui les relie et les formate, en quelque sorte à une façon de penser et d’agir. Les lois, les droits, les devoirs participent à la normalisation.

La différence VS la (les) norme(s) ?

Norme : règle, principe, critère auquel se réfère tout jugement : Se fonder sur la norme admise dans une société. Ensemble des règles de conduite qui s’imposent à un groupe social.

S’adapter aux normes des autres en acceptant de part et d’autres les différences, pour oublier ses propres normes…

Le voyage comme catalyseur de l’expression et de la rencontre des différences. Une atténuation, un oubli des normes… A la manière du programme Erasmus par exemple, qui permet de mettre en évidence et confronter les différences.

Expérience en tant qu’étudiant Erasmus :

Ce qui est intéressant dans le voyage, c’est le changement affectant notre environnement habituel en se trouvant dans une situation de « vulnérabilité ». Cet aspect apporte un nouveau point de vue à partir d’une vision plus distante (c’est là que la différence est présente) qui favorise le recul sur le nouvel environnement auquel il faut s’adapter et à la fois cette distance facilite l’analyse portée sur celui-ci. Être en «minorité» favorise l’acceptation de l’autre en tant que sujet et le sentiment de fragilité conduit à créer des échanges avec ceux qui nous entourent pour comprendre les différences de chacun et dans le but de s’intégrer.

La participation au programme Erasmus conduit à l’expérience d’un changement d’environnement, et cela de manière non négligeable. Sur le long terme, le développement de relations très différentes avec les autres (les étudiants locaux par exemple), personnelles et académiques qui se dégagent ont une intensité exceptionnelle causée notamment par la nécessité de s’intégrer, d’accepter et de dévoiler les différences de part et d’autre. Mais à cet égard l’intérêt véritable de l’expérience, en tant qu’étudiant Erasmus, est le retour chez soi où l’on retrouve de nouveau l’environnement connu. Comment se servir de l’expérience vécue dans un environnement différent et comment cette expérience peut enrichir l’environnement familier retrouvé? Donc l’expérience Erasmus qui commence par une volonté d’intégration dans le nouvel environnement, l’environnement d’accueil, conduit à la connaissance de l’autre et à son acceptation. Les différences des autres sont alors accumulées et utilisées dans l’environnement d’origine, comme un complément et comme un élan vers ce qui est différent. Les voyages participent aux enrichissements de chacun et aux ouvertures d’esprit que nécessite l’acceptation des différences.

Aurore Guiset, Pablo Salinas, Nika Urbic

La différence : Une approche de la définition d’espace public

Les espaces publics peuvent être définis utopiquement comme la place de la construction de la citoyenneté et le lieu de rencontre sociale, étant une de ses principales caractéristiques. La multiplicité des usages fournit une complexité dans le tissu et permet d’accroître la richesse de l’expérience vécue. Mais du point de vue de Foucault les espaces publics sont, principalement, là où le pouvoir est exprimé et exercé. Ainsi apparaît l’enjeu de la possibilité de résistance sociale au pouvoir, exprimée dans la possibilité de remplacer (ou au moins transformer) le sens de l’ordre urbain.

La conception de l’espace public dans la postmodernité a conduit à vouloir rendre la ville plus sûre et selon Davis (1990) cette sécurité a conduit à la destruction de l’espace public accessible. Pour réduire le contact avec les « indésirables ». Les politiques de rénovation urbaine ont transformé les rues piétonnes, qui étaient autrefois très vitales en ponceaux du trafic, et on a converti les parcs en récipients temporaires pour ceux qui n’ont pas d’abri.

Sennett (1997) ajoute une autre caractéristique de l’espace de la postmodernité, c’est l’atomisation de la ville (dont les propositions fragmentaires comme les malls, les gated communities ou des bulles touristiques en sont l’expression) qui met le point final sur le chevauchement des fonctions. Cette complexité des fonctions qui se chevauchent (Jacobs, 1992) ne peut être causée que par l’interaction des personnes avec différentes fins, et qui essayent de modeler l’espace et ses utilisations. Ces interactions sont les nouvelles propositions d’espace pseudo-public qui essayent de contenir et de contrôler les personnes.

Selon ce point de vue dans le nouveau paysage urbain toutes les différences sont potentiellement explosives, de sorte que la peur constante à l’exposition apparaît, qui implique un paradigme de restriction. On recherche la neutralisation : si quelque chose me dérange ou me touche, je continue la marche jusqu’au point où je cesse de sentir.

A cela s’ajoute le fait que la sphère publique est colonisée par la propriété privée, la voiture privée, axée pour apporter une efficacité maximale pour aller d’un point A à un point B, le housing comme un produit financier et les malls comme les nouveaux espaces commerciaux, qui font de l’urbanisme la conséquence du besoin du capitalisme pour trouver des nouveaux endroits de production. Pour Foucault (1977) l’expression la plus parfaite de l’espace public qui dérive de cette privatisation est le panopticon, qui « permettrait à un seul regard de tout voir en permanence. Un point central serait au même temps la source de lumière qui éclaire tout et un espace de convergence pour tout ce qui doit être connu ».

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Le rôle de l’individu devient important dans la privatisation de l’espace public parce que s’il est orienté à exprimer et à exercer le pouvoir d’une élite sur le reste, cette élite est construite aujourd’hui à partir du fonctionnement de l’économie dont la structure valorise la distinction et la création d’identité à travers de la consommation.

En acceptant que le rôle de l’espace public soit de mettre en évidence les relations de pouvoir, l’espace du dissensus prôné par Chantal Mouffe devrait se concrétiser dans un espace avec une grande capacité de changement où il serait possible de résister à ces relations de pouvoir et pas dans un espace fondé sur des principes universels qui ne peuvent pas être modifiés. L’hégémonie sociale naturalise les usages spatiaux donnés par les groupes dominants, générant comportements ou modes d’habiter inconscients, tandis que les pratiques de résistance proposent de nouvelles orientations et usages pour l’espace. D’où l’importance de la différence.

Aurore Guiset, Pablo Salinas, Nika Urbic

Les différences sociales : malaise dans les villes ?

Les différences sociales sont présentes partout. On observe des différences sociales dans les petits et grands espaces, dès la cage d’escalier, dans le quartier, dans la ville, dans le pays et à plus grande échelle à travers le monde. Il existe des différences socio-spatiales, notamment entre les populations vivant dans des zones dites « pauvres » ou « riches ». C’est déjà là un début de ségrégation dans la ville. Les populations pauvres ou dites à problèmes se retrouvent dans les cités, par exemple, et les populations dites riches habitent dans les quartiers résidentiels, ces derniers deviennent parfois de plus en plus hermétiques à ce qu’il se passe en dehors (cf quartiers sécurisés). Il existe des sentiments de peur les uns envers les autres.

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Cependant, c’est une stigmatisation, et non une norme. En exemple, le grand ensemble de la Rouvière à Marseille, démontrent que la grande barre à l’écart du centre peut fonctionner socialement et spatialement, et attirer des personnes extérieures à la vie de l’ensemble avec différents programmes (notamment commerces).

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Alors pourquoi pas partout ?

Une définition de la mixité : caractère propre à un mélange d’éléments hétérogènes ou différents. Ce qui revient donc à dire que la mixité sociale serait donc une cohabitation en un même lieu de personnes ou de groupes différents socialement, culturellement ou encore de nationalités différentes. La mixité sociale fait donc se rencontrer les différences qui peuvent exister entre les groupes d’individus (cf : post sur la différence à travers le pluralisme).

La mixité est considérée comme un remède aux malaises des villes actuelles. Alors pour remédier à cette situation les politiques mettent en place des lois… Comme la LOV (loi d’orientation pour la ville) ou loi « anti-ghetto ». Le but de cette loi est de lutter contre la tendance à la concentration de l’habitat social dans certains quartiers ou dans certaines communes. Dans son article premier la loi proclame l’existence d’un « droit à la ville » définit comme le droit pour les habitants à « des conditions de vie et d’habitat favorisant la cohésion sociale et de nature à éviter ou à faire disparaître les phénomènes de ségrégation ». L’existence de ce nouveau droit oblige l’Etat et les collectivités locales « à diversifier dans chaque agglomération, commune ou quartier les types de logement, d’équipement et de service ». (L’article 2 indique que la politique de la ville fait partie intégrante de la politique de l’aménagement du territoire. L’article 3 proclame que la réalisation de logements sociaux est d’intérêt national. L’article 4 prévoit l’organisation d’une concertation pour les projets qui n’y sont pas déjà soumis par l’art. L.300-2 CU. (cf : http://www.legifrance.gouv.fr))

Donc il y aurait besoin de lois pour faire accepter les différences et créer la mixité, puisqu’elles ne seraient pas acceptées autrement. Mais les lois sont-elles suffisantes ?

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(loi SRU, solidarité et renouvellement urbain, pour créer du logements social dans les communes rurales)

Alors, que faire pour supprimer (utopie) ou en tout cas diminuer (réalité) ces différences socio-spatiales ? Il faut trouver les solutions pour créer la mixité entre les différentes populations, réunir les différences sociales dans les mêmes espaces. Sans tomber dans le politiquement correct qui n’a jamais marché ou la mixité sauvage organisée sans réflexion ni sociologique ni urbaine. L’exemple de la Rouvière peut donner des clés comme développer de l’attraction dans ces grands ensembles, faire émerger une économie nouvelle de quartier. Limiter la ghettoïsation en utilisant la mixité sociale et économique des villes… Dans un premier temps, parce que Rome ne s’est pas fait en un jour, on suppose qu’il faut habituer les comportements, préparer les nouveaux rapports sociaux et les potentiels conflits existant qui peuvent être exacerbés dans ces espaces. Et puis il ne faut pas perdre l’idée d’identité propre créée dans les quartiers qui apportent une certaine stabilité aux populations qui y vivent. Beaucoup de paramètres entre en jeu dans l’organisation d’une mixité.

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Les différences sociales apportent le brassage nécessaire à une cohésion sociale. L’idée d’un brassage n’est pas nouvelle. Charles Fourier prônait déjà dans son phalanstère la présence de différentes catégories sociales soigneusement répertoriées pour former le socle d’un nouvel Etat. François Miron déclarait il y a quelques siècles : « il n’est pas bon que dans la cité, tous les gros et dodus soient au même endroit ». Il y a aussi une action à mener au niveau du territoire, en arrêtant de faire des centres-villes des espaces muséifiés, et les banlieues, des espaces secondaires et sans valeur. Il faut donc repenser une urbanisation des villes et des périphéries en prenant en compte les aspects sociaux de chaque groupe d’individus.

Aurore Guiset, Pablo Salinas, Nika Urbic

DIVERSITY AND CITIES

Should We Want It? Can We Plan For It?

(abstract of the SUSAN S. FAINSTEINs article Cities and diversity)

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Nowdays Diversity represents the new guiding principle for city planners. As such, it is the opposite  to previous (modernists) urban design methods, in which segregation of homogeneous districts was the leading principle, which is now known to have produced dullness and discrimination against “the other.”

In relation to urban policy— stimulating growth and achieving equity—it is now claimed that ensuring diversity is the key.

According to this view, diversity attracts human capital, encourages innovation, and ensures fairness and equal access to a variety of groups. Indeed, by this logic, the competitive advantage of cities, and thus the most promising approach to attaining economic success, lies in enhancing diversity within the society, economic base, and built environment.

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The term DIVERSITY has a variety of meanings in urban literature. Among urban designers it refers to mixing building types; among planners it may mean mixed uses or class and racial-ethnic heterogeneity; for sociologists and cultural analysts it primarily takes on the latter meaning.

 Writers from different intellectual backgrounds have, since the 1960s, made eloquent pleas for a strategy of urban redevelopment that stimulates physical and social heterogeneity.

– Most influential within the discipline of planning was Jane Jacobs’s call for a cityscape based on multiple uses, which she argues would promote economic and social diversity:

 » One principle emerges . . . ubiquitously, and in so many and such complex different forms [that] . . . it becomes the heart of my argument. This ubiquitous principle is the need of cities for a most intricate and close-grained diversity of uses that give each other constant mutual support, both economically and socially. The components of this diversity can differ enormously, but they must supplement each other in certain concrete ways. » (Jacobs 1961, p. 14)

– The philosopher Iris Marion Young, in her defense of “the politics of difference,” looks to the city as the venue in which such difference can flourish. Young is less concerned with issues of economic growth than Jacobs and more focused on the achievement of social justice.

 » In the ideal of city life freedom leads to group differentiation, to the formation of affinity groups, but this social and spatial differentiation of groups is without exclusion. . . . The interfusion of groups in the city occurs partly because of the multiuse differentiation of social space. What makes urban spaces interesting, draws people out in public to them, gives people pleasure and excitement, is the diversity of activities they support. » (Young 1990, pp. 238–39)

– The planning theorist Leonie Sandercock (1997) terms her ideal city Cosmopolis. Like Young she regards urban diversity as the basis for a just city. She describes a metropolis that allows people from a variety of ethnic and racial backgrounds equal rights to city space, calls for a multiplicity of people that allows “the pleasures of anonymity,” which she claims is closely related to sexual desire and fantasy, and considers that the function of city planning should be to create urbanity. Going beyond the goals of efficiency and equity, she wishes the development of a city that provides joy:

 » Rational planners have been obsessed with controlling how and when and which people use public as well as private space. Meanwhile, ordinary people continue to find creative ways of appropriating spaces and creating places, in spite of planning, to fulfil their desires as well as their needs, to tend the spirit as well as take care of the rent. »  (Sandercock 2003, p. 406)

Still, despite the seeming consensus of urban theorists on the merits of diversity, they differ substantially concerning the kinds of environments planners should aim to produce—and how and whether conscious planning can create them. Planned communities designed with the goal of diversity, whether within inner cities or in new-urbanist developments, seem inevitably to attract accusations of inauthenticity, of being an image rather than the real thing. Thus, planners appear caught in an dilemma—either leave the market to take its course or set diverse order.

Overall the claims for diversity are important. Diversity underlies the appeal of the urban, it fosters creativity, it can encourage tolerance, and it leads city officials to see the value in previously underappreciated lifestyles.

At the same time, however, the argument for diversity can be carried too far, and it tends to lose sight of the continued importance of economic structure and the relations of production. First, the relationship between diversity and tolerance is not clear. Sometimes exposure to “the other” evokes greater understanding, but if lifestyles are too incompatible, it only heightens prejudice. The simple case is that of noise or cigarette smoking. Here we can fairly easily say that when one’s habits cause discomfort to one’s neighbors, they should be suppressed, or else one should exercise them in places where other members of the public do not have to deal with them. John Stuart Mill’s contention in On Liberty concerning people’s freedom to do as they please as long as they do not injure others applies when the injury is obvious and the activity is not essential to an individual’s identity. The issue, however, becomes much more difficult when we are discussing the veiling of women OR the application of religious law.

The newurbanist approach of intermixing a variety of building types and levels of affordability, along with its support for transportoriented development. If, however, it becomes the template for in-fill development, it can provide a physical framework for a city that offers a higher quality of life to residents and visitors. Developing an appropriate physical setting for a heterogeneous urbanity, however, can go only so far in the generation of a just city. Most crucial is a political consciousness that supports progressive moves at national and local levels toward respectfulness of others and greater equality.

Aurore Guiset, Pablo Salinas, Nika Urbic

La différence à travers le pluralisme

Une approche du pluralisme :

« Avant de finir de construire la clôture on devrait savoir de quel côté on est. »

Les humains sont attirés par deux forces opposées. D’un côté l’affirmation de l’individualité et de l’autre une pulsion à faire partie d’une masse. Les forces affectives qui entrent en jeu dans la création des identités collectives sont toujours présentes, elles font partie des individus, alors que les relations viennent du consensus. Le pluralisme est lié à l’acceptation du conflit car « nous » implique l’existence d’un « eux ». Pourtant cela conduit à un antagonisme inévitable entre « nous » et « eux ».

Il existe deux pensées du pluralisme, c’est-à-dire la reconnaissance de différents systèmes comme constitutive de la réalité. D’un côté le pluralisme libéral, selon Rawls et Habermas il y a une multiplicité de valeurs et la politique (ou la façon d’agir dans un système qui est géré par cette conception) a à voir avec la capacité de se mettre dans la peau des autres, à essayer de comprendre tous les points de vue et créer l’harmonie entre les valeurs, dans un espace dit de conjonction. C’est-à-dire obtenir la démocratie à travers un consensus rationnel.

Cette approche du pluralisme au travers de la raison pourrait être qualifiée plus scientifiquement, inversement le pluralisme de Max Weber et Nietzsche, qu’on pourrait appeler pluralisme politique, détermine que l’espace de conjonction atteint avec le consensus rationnel est trop petit pour la coexistence de « nous » et « eux » et c’est alors que la disjonction conduit à une différence qui se matérialise sous la forme d’une inégalité. Pour Weber et Nietzsche, il existe plutôt un polythéisme des valeurs de sorte que le pluralisme implique un conflit.

Mais alors comment peut exister la démocratie pluraliste dans une situation de conflit antagoniste où il n’y a pas de place pour la réconciliation rationnelle?

Pour Chantal Mouffe la tâche démocratique n’est pas de nier le conflit mais de l’apprivoiser. Pour cela, elle propose de transformer l’antagonisme en agonisme permettant d’aboutir à une relation « nous/eux » où l’opposant n’est pas perçu comme un ennemi mais comme un adversaire qui partage un espace symbolique commun.

Pour comprendre le sujet agonistique la première exigence est d’abandonner l’idée qu’il existe une vérité et que nous la possédons. Il faut accepter que la démocratie soit prête à changer l’opinion, ce qui conduit à reconnaître la légitimité des opposants. La partie difficile est de reconnaître les limites de ses propres idées et à la fois trouver l’enthousiasme qui fait que chaque individu est prêt à se battre pour l’autre pour empêcher que le relativisme conduise à l’apathie.

Cette idée de la démocratie contraste fortement avec la situation actuelle du 3rd way qui comprend la politique comme une compétition entre les élites qui rivalisent pour les lieux de pouvoir. Par exemple, vous vous présentez, vous gagnez les élections et occupez le poste, puis vient un autre. Cette alternance et non alternative ne répond pas de façon satisfaisante aux besoins de l’identité collective. Ainsi cette alternance a tendance à attirer des réponses fondamentalistes.

Aurore Guiset, Pablo Salinas, Nika Urbic.