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Le Hip Hop, espace d’expression musical d’une minorité

La minorité afro-américaine aux Etats-Unis s’est toujours exprimée à travers la musique. Le Blues était le chant de désespoir de l’esclave dans les champs de coton. Le Jazz fut l’accession pour les musiciens noirs à l’élite sociale à travers une musique élaborée puisant ses sources dans le Blues. Dans le années 1960, dans un contexte de lutte pour les droits sociaux, alors que la jeune bourgeoisie blanche commence à remettre en cause la société sur fond de rock psychédélique, James Brown invente un rythme révolutionnaire: le Funk. L’émission de télévision Soul Train devient un show très médiatisé popularisant cette musique, où défilent musiciens et danseurs noirs survoltés. Là où le Jazz s’adressait à une élite, le Funk, mélodiquement simple et rythmiquement percutant est un référent commun pour tous les noirs-américains. Même si le Funk n’est pas à priori un genre contestataire, il devient le cri d’existence de la minorité ethnique. « Je suis noir et je suis fier », chantait James Brown.

« Say it loud, I’m black and I’m proud », James Brown live at Soul Train

Les films de la Blaxploitation dans les années 70 suivent ce mouvement de  revalorisation des noirs dans la société et la culture américaine.

Si James Brown est l’artiste le plus samplé de tous les temps, et ceci principalement dans le Hip Hop, ce n’est pas un hasard : le rythme syncopé du Funk est devenu une source d’inspiration inépuisable pour les « beatmakers ». Les « MCs » vont pouvoir s’exprimer librement sur cette base puissante où la basse et la batterie prédominent.  Les paroles souvent contestataires des rappeurs sont soutenues par la dureté du rythme. Le Hip Hop s’inscrit dans la continuité de la culture musicale afro-américaine, elle même marquée au fil de l’histoire par les revendications d’une minorité ethnique opprimée.

Le Hip Hop est devenu par la suite plus généralement l’espace de revendication de tous les groupes sociaux opprimés dans la ville. Minorités ethniques en général (latinos aux Etats-Unis, nord-africains en France), victimes de la ségrégation géographique (le rap : l’hymne des banlieues). Bientôt l’espace de revendication de la minorité sourde-muette ?

« Speakerbox » de Signmark, rappeur sourd-muet

Jérôme MATHIOT, Paul DE ROBILLARD, Antoine CARTIER

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Le Hip-Hop est rassembleur

Pour ceux – Mafia K’1 Fry – Album : La cerise sur le ghetto – 2003

http://www.youtube.com/watch?v=sQFvptF93bQ

Mafia K’1 Fry est un collectif de rap formé en 1995.

Le clip de ce morceau est signé Kourtrajmé, connu pour la violence utilisé dans leur vidéo ( cf la controverse provoqué par le clip de Justice : Stress)

Dès le début, l’ambiance est posée : on est en banlieue, et on met en scène notre quotidien.

Ce qui frappe d’abord, c’est toute la population qui est descendue dans la rue pour le tournage.  Mais surtout, elle est décrite dans les paroles, la Mafia K’1 K’1 s’adresse à tout le monde, aux Kalhouchs, aux Arbouchs, aux, Manouches (Noirs, arabes, gitans).

C’est l’esprit rassembleur du Rap et du Hip Hop qui est mis en avant dans ce morceau, et permet aux habitants de s’identifier.

La rue, l’espace public par définition, l’espace que l’on partage avec l’autre. On descend, on rejoint « les mecs en bas des blocs » et on partage la musique.  On l’entend dans le clip, les textes des rappeurs alternent avec les cris des habitants pour affirmer leurs présences.

Les paroles sont un florilège de dédicace, de références, et parlent du multi culturalisme de la banlieue (c’est pour les meufs accompagnées – c’est pour les Jean Valjean, les gros barjots).

Même de poésie ?… ceux qui ont envie de ken ou d’Heineken

 

Antoine C. / Paul R. / Jérôme M.

Pour comprendre les paroles et les références, un site où les paroles sont expliquées :

http://rapgenius.com/Mafia-k1-fry-pour-ceux-lyrics