Tagué: psychologie

LANGAGE ET PENSEE 3

Au commencement était la parole…

Les stades de l’intelligence selon Piaget

0-2 Stade sensori-moteur

2-7 Stade de représentation ou stade avant les opérations «concrètes» de la logique

7-12  Stade des opérations «concrètes» de la logique

12-18 Stade des opérations «concrètes» formelles

Les stades a et b

le stade sensori-moteur et le stade de la représentation

Les seules formes d’intelligence qu’a un bébé de 8 à 10 mois sont de nature sensori-motrice (sans autres instruments que la perception et le mouvement) donc, le bébé est piégé dans les limites de ses champs de perception (dans les frontières de l’espace et le temps) lorsque le langage apparait environ a 2 ans il se provoque un changement profond dans la pensée.

L’enfant devient donc capable d’évoquer des situations non actuelles et des objets qui ne sont pas atteints en leur immédiateté perceptive (le chat qu’il a vu hier ou son jeu qui se trouve dans la pièce à coté).

Il se libère alors du temps et de l’espace immédiat.

Comme ça les notions naissent et la pensée s’enrichit, Watson (behaviorist) avait conclut que le langage est la source de la pensée, mais Piaget s’est aperçut que la pensée est présente aussi au premier stade d’intelligence sous des dérivés de l’imitation qui sont : le jeu symbolique, l’imitation différée et les symboles oniriques.

En introduisant la fonction symbolique qui préexiste du langage, Piaget considère que cette fonction est plus vaste et inclut le langage, la communication non verbale, l’imitation et le jeu symbolique.

Avant le langage les représentations qui se créent par le jeu symbolique et l’imitation sont assez restreintes et confuses, mais dans le temps ils évoluent. À la psychopathologie ce geste démonstratif non verbal n’existe pas et il peut être un premier signe d’autisme (les enfants autistes ne montrent pas avec le doigt et ne peuvent pas partager leur attention avec les adultes)

Le propre de la fonction symbolique consiste en une différentiation des signifiants (signes et symboles) et des signifiés (objets ou événements). Avec le langage ces deux caractéristiques s’enrichissent et peuvent être réactivées par la mémoire pour faciliter l’intelligence par ces représentations. Donc on peut conclure que la pensée préexiste du langage, MAIS, c’est seulement grâce au langage que la pensée va se transformer profondément et trouver sa capacité de catégorisé par la schématisation et obtenir des capacités d’abstraction.

…mais si la parole n’existe pas sans la pensée?

Le stade c

Le langage et les opérations « concrètes » de la logique

Depuis les 7-8 ans jusqu’à l’âge de 11  l’enfant passe à l’époque des opérations concrètes (opérations additives et multiplicatives de classes et de relations : classification, sériations, correspondances, etc.)

Mais ces opérations ne recouvrent pas toute la logique des classes et des relations et elles ne constituent que des structures élémentaires de « groupements » consistants en semi-lattis et en groupes imparfaits qui se complètent vers 15ans.

Le langage n’est pas la seule source de la pensée logique.

ex. * Tous les Oiseaux (= classe A) sont des Animaux (=classe B), mais tous les Animaux ne sont pas d’Oiseaux, car il existe des Animaux non-Oiseaux (=classe A’) le problème est alors de savoir si les opérations A+ A’  = B et A= B-A’  proviennent du langage seul, qui permet de grouper les objets en classes A, A’ et B, ou si ces opérations ont des racines plus profondes que le langage. Avant le langage, il y a d’abord les actions puis, elles deviennent pensées. Les opérations +, – , sont des coordinations entre actions avant de pouvoir être transposées sous une forme verbale, et ce n’est donc pas le langage qui est la cause de leur formation. Le langage cependant joue un grand rôle, car il aide à la généralisation, à la mobilité, etc.

Dans les trois premiers stades nous constatons donc que le langage ne suffit pas à expliquer la pensée car ses structures trouvent leurs racines a) aux actions b) aux mécanismes sensori-moteurs.

Le langage est une condition nécessaire, mais non suffisante de la construction des opérations logiques. Il est nécessaire, car sans le système d’expression symbolique que constitue le langage, les opérations demeureraient à l’état d’actions successives sans jamais s’intégrer en des systèmes simultanés ou embrassant simultanément un ensemble de transformations solidaires. Sans le langage, d’autre part, les opérations resteraient individuelles et ignoreraient par conséquent ce réglage qui résulte de l’échange interindividuel et de la coopération.

Conclusion, le langage et la pensée sont interdépendants et se construisent ensemble, mais l’intelligence elle-même est antérieure au langage et indépendante de ce dernier.

Christina, Juliette, Misia, Muriel.

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